Le démarrage lundi 22 juillet de l'opération de dépôt des candidatures pour les législatives tunisiennes prévues le 6 octobre prochain s'est opéré sur fond d’imbroglio électoral et d’un climat délétère où dominent suspicions, surenchères, échanges d’accusations et fortes dissensions au sommet du pouvoir.

La non-promulgation par le président Béji Caïd Essebsi de la nouvelle loi électorale, pourtant adoptée par l'Assemblée des représentants du peuple (parlement tunisien) à une majorité confortable et le refus de l’avis de conformité à la Constitution prononcé par l’instance provisoire chargée du contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, a surpris puis suscité une vague de réactions hostiles et contradictoires des acteurs politiques, des représentants de la société civile et des experts en droit constitutionnel.

Le nœud gordien de cet imbroglio politique concerne les dispositions de la nouvelle loi électorale qui a été proposée par le gouvernement, hors délais, soit à quelques mois seulement du scrutin.

Les dispositions de cette loi ont été considérées comme taillées sur mesure, visant des figures favorites des sondages qui se recrutent du monde associatif ou du régime déchu, à l’instar de Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL).

Face au gouvernement qui affirmait, à travers cette initiative, protéger la démocratie, le président tunisien a répondu par "une absence de ratification".

La décision présidentielle a été perçue par la majorité comme une "atteinte aux institutions" du pays, notamment le parlement censé être la source de tous les pouvoirs et une transgression de la loi fondamentale par ceux-là même qui sont censés, les gardiens de la Constitution de 2014.

Il s'agit, pour certains, d'une "décision surprenante" qui s’inscrit, en droite ligne, d’un long conflit qui oppose frontalement les deux têtes du pouvoir et qui empeste la vie politique dans le pays vu le différend entre le président de la république, Béji Caïd Essebsi et le chef du gouvernement, Youssef Chahed qu’il a lui-même nommé en 2016 à ce poste et qui a fini par se rebeller contre son parti, Nidaa Tounes, en nouant de nouvelles alliances tout en se présentant comme un candidat potentiel à la présidentielle, dont le premier tour est fixé pour le 10 novembre prochain.

En attendant la réapparition publique du président de la république, annoncée pour jeudi à l’occasion de la célébration de la fête de la république, la seule explication fournie officiellement par le conseiller politique du chef de l’Etat, Noredine Benticha, avance un argument soutenant que "le président refuse de signer une loi d’exclusion".

(Avec MAP)

Lire aussi: La filiale marocaine de Nabil Karoui suspectée par la Justice à Tunis

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Le démarrage lundi 22 juillet de l'opération de dépôt des candidatures pour les législatives tunisiennes prévues le 6 octobre prochain s'est opéré sur fond d’imbroglio électoral et d’un climat délétère où dominent suspicions, surenchères, échanges d’accusations et fortes dissensions au sommet du pouvoir.

La non-promulgation par le président Béji Caïd Essebsi de la nouvelle loi électorale, pourtant adoptée par l'Assemblée des représentants du peuple (parlement tunisien) à une majorité confortable et le refus de l’avis de conformité à la Constitution prononcé par l’instance provisoire chargée du contrôle de la constitutionnalité des projets de loi, a surpris puis suscité une vague de réactions hostiles et contradictoires des acteurs politiques, des représentants de la société civile et des experts en droit constitutionnel.

Le nœud gordien de cet imbroglio politique concerne les dispositions de la nouvelle loi électorale qui a été proposée par le gouvernement, hors délais, soit à quelques mois seulement du scrutin.

Les dispositions de cette loi ont été considérées comme taillées sur mesure, visant des figures favorites des sondages qui se recrutent du monde associatif ou du régime déchu, à l’instar de Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL).

Face au gouvernement qui affirmait, à travers cette initiative, protéger la démocratie, le président tunisien a répondu par "une absence de ratification".

La décision présidentielle a été perçue par la majorité comme une "atteinte aux institutions" du pays, notamment le parlement censé être la source de tous les pouvoirs et une transgression de la loi fondamentale par ceux-là même qui sont censés, les gardiens de la Constitution de 2014.

Il s'agit, pour certains, d'une "décision surprenante" qui s’inscrit, en droite ligne, d’un long conflit qui oppose frontalement les deux têtes du pouvoir et qui empeste la vie politique dans le pays vu le différend entre le président de la république, Béji Caïd Essebsi et le chef du gouvernement, Youssef Chahed qu’il a lui-même nommé en 2016 à ce poste et qui a fini par se rebeller contre son parti, Nidaa Tounes, en nouant de nouvelles alliances tout en se présentant comme un candidat potentiel à la présidentielle, dont le premier tour est fixé pour le 10 novembre prochain.

En attendant la réapparition publique du président de la république, annoncée pour jeudi à l’occasion de la célébration de la fête de la république, la seule explication fournie officiellement par le conseiller politique du chef de l’Etat, Noredine Benticha, avance un argument soutenant que "le président refuse de signer une loi d’exclusion".

(Avec MAP)

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