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Dette du Maroc : Boussaid dit (presque) tout !

Mohamed Boussaid s’est livré à une séance de pédagogie sur la dette marocaine. Ce qu’elle représente, comment elle s’est formée, commet elle va évoluer. Les réponses du ministre.  

Dette du Maroc : Boussaid dit (presque) tout !

Le 21 juin 2014 à 7h23

Modifié 27 avril 2021 à 22h28

Mohamed Boussaid s’est livré à une séance de pédagogie sur la dette marocaine. Ce qu’elle représente, comment elle s’est formée, commet elle va évoluer. Les réponses du ministre.  

Mohamed Boussaid a présenté devant la presse les facteurs régissant le niveau d’endettement du pays à l’occasion d’un point presse vendredi 20 juin  à Rabat, suite à la récente sortie du Maroc sur le marché financier international.

L’évolution récente de la dette marocaine

Selon le M. Boussaid, « l’endettement est un levier pour accélérer la croissance et accompagner le développement. Le gouvernement marocain n’a pas une politique d’endettement, l’endettement n’est que le résultat de la politique budgétaire ». Et cette politique agit de façon contra cyclique pour compenser les chocs internationaux.

L’évolution récente de la dette marocaine a connu 2 grandes périodes :

La période 2001-2008 marquée par une conjoncture favorable sur le plan international et une politique de privatisation sur le plan national qui a rapporté à l’Etat 47,8 MMDH, lui permettant de se désendetter. Le ratio de la dette au PIB est ainsi passé sur la période de 67,1% à 47,3% ;

La période 2008-2012 a été marquée par la crise financière internationale et sur le plan national par la réforme fiscale qui a réduit les taux de l’IS et de l’IR. Alors que les dépenses augmentent sous la pression notamment des dépenses de compensation, multipliées par deux (72 MMDH sur 2005-2008 contre 177 MMDH sur 2009-2012) et des dépenses d’investissement passées de 330 MMDH à 653 MMDH, les recettes fiscales s’essoufflent, passant de 24,3% du PIB en 2008 à 19,8% du PIB, et la manne des privatisations se tarie. Conséquences : le déficit budgétaire explose, puisque d’excédentaire en 2007-2008, le solde budgétaire atteint -7% en 2012, et la dette remonte à 63,5% du PIB.

Depuis 2013, la politique budgétaire a changé de cap avec pour nouvel objectif de ramener le déficit à des niveaux soutenables. Il était ainsi de 5,5% en 2013 et l’objectif pour 2014 est fixé à 4,9%. Le stock de dette devrait donc commencer à se stabiliser en 2015 selon le M. Boussaid.

Les modes de financement du Trésor : qui sont les créanciers du Maroc ?

Le Trésor a 2 modes de financement :

Le financement extérieur, qui se décompose en dons et prêts concessionnels des partenaires au développement et recours au MIF en fonction des conditions de financement. Les principaux créanciers bilatéraux sont la France (37,4% de l’encours) et le Japon (9,8%). Les principaux créanciers multilatéraux sont la Banque mondiale (48,4%) et la BAD (33%).

-Le financement intérieur, obtenu sur le marché des adjudications des bons du Trésor (BDT) qui reste la principale source de financement du pays. Le marché domestique des BDT marocain est le plus développé de la région Mena et connaitra très bientôt une nouvelle évolution avec l’introduction de la cotation électronique des BDT qui permettra d’élargir la base des investisseurs. Les BDT marocains sont détenus à 35% par des compagnies d’assurance, 29% par des banques, 25% par des OPCVM et 11% par autres dont la CDG.

 

Feuilletez le PowerPoint de Mohamed Boussaïd

conference Boussaid
(Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter)

 

La structure de la dette

La structure de la dette marocaine se rapproche grandement des critères qui constituent le benchmark d’une bonne gestion de la dette :

-Répartition dette intérieure/extérieure : alors que le benchmark recommande une répartition 75-25 entre la dette intérieure et la dette extérieure, la structure de la dette marocaine fin 2013 était respectivement de 76,3% et 23,7% ;

-Part de la dette à court terme : avec 17% de sa dette ayant une échéance inférieure à 1 an, le Maroc respecte amplement le benchmark inférieur à 30% ;

-Part de la dette à taux variable : si le Maroc respecte le benchmark (inférieur à 10%) pour la part de la dette du Trésor contractée à taux variable (8,4%), en revanche ce n’est pas encore le cas pour la dette extérieure (35,7% pour un benchmark à 30%) ;

-La maturité de la dette : la durée de vie moyenne recommandée est de 5 à 6 ans et celle du Maroc est de 5 ans et 6 mois ;

-Répartition de la dette entre les principales devises : la répartition de la dette marocaine entre dollar et euro est de 16,8% et 77,2%, pour un benchmark de 80-20.

La sortie réussie sur le MIF

Le Maroc a profité d’une conjoncture favorable marquée notamment par la baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) et une détente des taux de rendement à l’international, pour faire une sortie réussie sur le MIF.

Les conditions d’émission sont les plus favorables que le Maroc ait obtenu depuis 2007, puisqu’elle atteint un montant d’un milliard d’euros sur 10 ans, avec un taux d’intérêt de 3,5%, alors que ce taux était de 4,25% en 2012, 4,5% en 2010 et 5,38% en 2007 pour des maturités comparables. De plus, le taux de rendement obtenu lors de cette sortie (3,702%) est inférieur à celui du marché domestique (4,393%) pour la même maturité.

Les chefs de file des investisseurs sont BNP Paribas, Commerzbank et Natixis. Les investisseurs sont à 55% des gestionnaires de fonds, 22% des banques, 15% des compagnies d’assurances et 5% des supras, issus essentiellement des pays européens (63%) mais également du Moyen-Orient (21%).

Les besoins de financement du Maroc en 2014

Le besoin de financement net du Maroc pour l’année 2014 est estimé à 42,7 MMDH, dont 26,3 MMDH déjà réalisés en fin de premier semestre. Sur les 16 milliards restant pour le second semestre, 10 MMDH seront couverts par des ressources internes, selon le M. Boussaid.

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