Dromadaire déchiqueté vivant: ce que dit la loi, comment réagir

Une vidéo publiée en milieu de la semaine, fait le tour de la toile au Maroc et au-delà des frontières. Elle montre un dromadaire déchiqueté vivant lors du Moussem Moulay Brahim. La scène interroge sur notre rapport à l'animal, sur le mutisme de la loi et l'insuffisance de l'action associative. 

Dromadaire déchiqueté vivant: ce que dit la loi, comment réagir

Le 20 janvier 2017 à 18h08

Modifié 20 janvier 2017 à 18h08

Une vidéo publiée en milieu de la semaine, fait le tour de la toile au Maroc et au-delà des frontières. Elle montre un dromadaire déchiqueté vivant lors du Moussem Moulay Brahim. La scène interroge sur notre rapport à l'animal, sur le mutisme de la loi et l'insuffisance de l'action associative. 

Nous ne publierons pas la vidéo, mais nous vous décrirons sommairement la scène:  

Un dromadaire est encerclé par une vingtaine de personnes. Elles l'assiègent de coups. Chacune y met du sien, sabres, bâtons, eau. Certaines se contentent de neutraliser l'animal qui blatère de douleur. Il sera déchiqueté vivant, sa tête emportée et disputée tel un prix. Le tout sous le "contrôle" des gendarmes qui essaient de contenir une foule dense, fascinée, qui suit la scène derrière des grillages.

Macabre. Ce spectacle a eu lieu au "Moussem" de Moulay Brahim, un village situé dans la région de Marrakech. Cette "fête" est organisée chaque année- avec son lot de déchiquetage – le septième jour après la nativité du prophète de l'Islam. Et l'on se demande de quel "islam" relèvent ces pratiques. En tous les cas, la vidéo a fait le tour de la toile et a effaré l'opinion, y compris à l'étranger.

Massacrer une bête, est-ce légal? Le Code pénal dessine une réponse négative. Il énonce: "Quiconque, sans nécessité, tue ou mutile" des animaux de trait, de monture ou de charge, des bêtes à cornes, des moutons, chèvres ou autre bétail, des chiens de garde ou des poissons dans des étangs, viviers ou réservoirs, est puni de l'emprisonnement de quinze jours à trois mois et d'une amende de 200 à 300 dirhams.

Ces sanctions, peu dissuasives en somme, sont rarement voire jamais appliquées. "Nous continuons à considérer l'animal comme un objet susceptible de subir tous les sévices. C'est absolument scandaleux", déplore Hamid Faridi, réalisateur et fervent défenseur de la cause animale. En visonnant cette vidéo, il a eu "le cœur déchiré". Comme nous tous.

"On continue à promouvoir et à subventionner les Moussem durant lesquels on tue des animaux. Ce dromadaire n'est pas tombé du ciel. Il a été acheté grâce à une subvention publique. Sa tête a été mangée crue, sous les yeux des autorités", pointe notre interlocuteur, fustigeant "des rites païens qui n'ont rien à voir avec l'Islam" .

"Nous voulons vendre l'image du Maroc à l'international, mais cela passe aussi par la protection des êtres les plus faibles, dont les animaux", soutient-il. Le législateur marocain doit prendre en compte la souffrance de l'animal. Il faut qu'il y ait des textes qui le protègent de la brutalité des hommes. En clair, des textes dissuasifs "pour que l'humain réfléchisse à deux reprises" avant de passer à l'acte, comme il l'explique.

Le quasi-vide juridique se conjugue à l'activisme timoré des associations de protection des animaux. "Le travail des "passionnés" des animaux est utile, mais totalement insuffisant", estime M. Faridi, ajoutant que ces "activistes sont très souvent limités sur le plan géographique. A part une poignée de villes comme Rabat, Casablanca et Marrakech, les actions sont peu nombreuses et surtout "menées par des étrangers".

De même, "le travail de ces associations de défense des animaux relève surtout du sauvetage animalier". Autrement dit, ils opèrent en aval et ne jouent pas de "rôle institutionnel". "En réalité, l'action politique de lobbying en faveur de la production de textes de loi n'existe pas au Maroc", assure-t-il. Les associations n'ont pas encore assimilé leur rôle, qui "ne se résume pas à sauver le petit chien au coin de la rue, mais à lui donner un statut." 

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