Devant le risque de pénurie de pilotes, la réouverture de l’école de la RAM est envisagée

L’école de formation des pilotes de ligne de la RAM a été fermée en 2014. Une situation qui impacte les recrutements de la compagnie nationale qui ouvre sans cesse de nouvelles routes aériennes. La feuille de route de la compagnie qui sera transmise au gouvernement mettra l’accent sur sa nécessaire réouverture.

Devant le risque de pénurie de pilotes, la réouverture de l’école de la RAM est envisagée

Le 23 janvier 2017 à 17h12

Modifié 11 avril 2021 à 2h39

L’école de formation des pilotes de ligne de la RAM a été fermée en 2014. Une situation qui impacte les recrutements de la compagnie nationale qui ouvre sans cesse de nouvelles routes aériennes. La feuille de route de la compagnie qui sera transmise au gouvernement mettra l’accent sur sa nécessaire réouverture.

Le développement du trafic aérien de la RAM pose le problème des ressources humaines qui deviennent insuffisantes pour satisfaire ses besoins. Depuis la fermeture de son école de pilotage, elle sous-traite la formation de ses pilotes en France, à l’Ecole nationale d’aviation civile (ENAC) de Toulouse.

Contactée par Médias24, une source autorisée de la RAM nous révèle que la feuille de route engageant le développement de la compagnie pour les cinq années à venir est finalisée, mais qu’elle doit être soumise au gouvernement avant d’être rendue publique.

Sur la nécessité de rouvrir l’ancienne école de formation des pilotes de ligne, notre interlocuteur temporise en déclarant que les routes aériennes récemment ouvertes l’ont été en fonction de la disponibilité des avions et des pilotes.

"Nous avons optimisé notre programme en fonction du nombre des élèves en formation à Toulouse qui intègrent la RAM une fois diplômés. En attendant de voir ce que décidera le gouvernement, l’ouverture de l’EFPL [Ecole de formation des pilotes de ligne] sera évidemment un des points soumis dans la feuille de route. Si on se développe en achetant de nouveaux avions, nous devrons embaucher autant de pilotes et pour cela, soit on ouvre une école, soit on continue à sous-traiter la formation à Toulouse qui est la seule école à nous fournir un contingent annuel.

"Cette dernière solution est temporaire car nous voulons vraiment ouvrir une école qui accompagnera le développement de la RAM", conclut notre source qui espère que le gouvernement l’entendra de cette oreille d'autant plus que si Qatar Airways entre dans son capital, il faudra de nouveaux pilotes pour la flotte aérienne qui ne manquera pas de s'étoffer. 

Questionné à son tour, Khalid Cherkaoui, directeur général de l’aviation civile, nous répond que cette question est actuellement discutée entre le ministère du Transport, celui des Finances et la RAM.

"Nous étudions tous les scénarios pour éventuellement rouvrir cette école fermée depuis deux ans. Au vu des nombreuses lignes créées annuellement, cette option est de plus en plus évoquée pour satisfaire les besoins de la RAM mais aussi des compagnies africaines et du Moyen-Orient. Concernant son modèle économique, plusieurs scénarios sont envisagés mais nous pensons que le gouvernement créera une école payante à l’image de toutes les écoles de pilotage éparpillées dans le monde.

"Les Marocains qui poursuivent leurs études à l’ENAC de Toulouse prennent déjà des crédits bancaires qu’ils remboursent après avoir été embauchés par la compagnie. Sans vouloir spéculer, la stratégie de développement de la RAM qui sera soumise au gouvernement évoquera la nécessité de rouvrir l’école de formation des pilotes de ligne car avec les départs à la retraite et l’accroissement du parc aérien de la RAM, il y a un besoin indéniable en pilotes", confirme notre source.

Un commandant de bord qui a fait l’école de formation de la RAM dans les années 80 est plus pessimiste en déclarant, sous couvert d’anonymat, que le besoin en pilotes est de plus en plus criant.

"Il y a un vrai déficit en termes de recrutement de pilotes car, depuis deux ans, la RAM a embauché une quarantaine de pilotes qui ont fini leur formation à l’ENAC mais c’est très loin d’être suffisant. Pour l’instant, la compagnie n’a pas embauché de recrues étrangères mais elle sera peut-être obligée de le faire car le déficit en pilotes qui s’aggrave a pour conséquence d’alourdir notre charge de travail. Nous travaillons 80 heures par mois contre une moyenne de 62 pour les pilotes européens.

"Au regard du développement du trafic aérien marocain et mondial, il apparait de plus en plus nécessaire voire urgentissime de rouvrir cette école, car la demande de pilotes en Europe et surtout au Moyen-Orient attise la concurrence et pourrait même débaucher les Marocains de l’ENAC.

"Le besoin de pilotes est tel que les retraités de la RAM vont travailler chez Ethiopian Airlines ou Saudia Airlines avec des salaires compris entre 15.000 et 25.000 dollars/mois et dix jours de repos. Si je voulais quitter la RAM, j’obtiendrai sans problème un poste de commandant de bord à Etihad, Qatar ou Emirates avec un salaire au moins 2,5 fois plus important que celui que j’ai actuellement. Cette demande en pilotes qui dépasse l’offre mondiale a d’ailleurs poussé 30 pilotes d’Air Algérie à démissionner pour rejoindre les compagnies aériennes des pays du Golfe", conclut le commandant.

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