Crimes, drogues, atteintes aux biens et personnes: le bilan de la DGSN en 2020

Comme chaque année depuis 2015, la Direction générale de la sûreté nationale présente à l’opinion publique les grandes lignes de son bilan pour 2020. La création de nouvelles structures et d’équipes sécuritaires présentes sur l’ensemble du territoire national a permis de prévenir et de faire baisser le nombre d’affaires criminelles mais aussi d’élucider 33% de crimes de plus que durant l’année 2019.

Crimes, drogues, atteintes aux biens et personnes: le bilan de la DGSN en 2020

Le 28 décembre 2020 à 10h51

Modifié 10 avril 2021 à 23h10

Comme chaque année depuis 2015, la Direction générale de la sûreté nationale présente à l’opinion publique les grandes lignes de son bilan pour 2020. La création de nouvelles structures et d’équipes sécuritaires présentes sur l’ensemble du territoire national a permis de prévenir et de faire baisser le nombre d’affaires criminelles mais aussi d’élucider 33% de crimes de plus que durant l’année 2019.

Souhaitant renforcer les structures territoriales de la police de proximité et généraliser la couverture sécuritaire des nouveaux pôles urbains, la DGSN a créé en 2020 plusieurs structures qui ont permis de resserrer le maillage sécuritaire pour anticiper une augmentation de la criminalité.

14 nouveaux édifices sécuritaires sur tout le territoire

Ainsi, le renforcement de la présence sécuritaire et la proximité des services de police a également concerné le parachèvement de la mise en œuvre du nouveau découpage des services de la sûreté provinciale de la ville de Salé avec la création du quatrième district de police « Salé Al-Madina ».

Il a été également procédé à la création d’un commissariat de circonscription de police et d’un arrondissement de Police à Imouzzer Kandar, outre la création de deux arrondissements de police à Meknès et à Souk Larbaa du Gharb, de trois groupes de protection des sites sensibles à Oujda, Meknès et Nador, d’un Groupement mobile de maintien de l’ordre dans la ville de Beni Mellal et cinq campagnes mobiles de maintien de l’ordre à Khouribga, Taza, Ouarzazate, El Jadida et Safi.

Une brigade d’artificiers dans chacune des 5 grandes villes du Maroc

En réponse aux multiples défis liés aux menaces terroristes et à la sécurité de manière générale, les services décentralisés de la sûreté ont été renforcés par nombre d’unités et d’équipes spécialisées dans le repérage et le désamorçage des explosifs.

En effet, cinq brigades régionales des artificiers ont été mises en place au niveau des préfectures de police de Rabat, Marrakech, Casablanca, Tanger et Agadir et ont bénéficié d’une formation technique et pratique, comme elles ont été équipées de huit véhicules de haute technologie dotés de robots et de moyens sophistiqués pour repérer et désamorcer à distance les explosifs, tout en garantissant les précautions nécessaires dans le traitement de tous les dangers et risques liés aux engins explosifs.

Création de 5 nouvelles brigades anti-gang

En vue de garantir l’efficacité et la préparation dans la lutte contre les nouvelles formes émergentes de crimes, cinq nouvelles brigades anti-gangs « BAG » ont été créées dans les villes de Casablanca, Kénitra, Tanger, Oujda et Agadir, et dotées des ressources humaines et logistiques nécessaires, en tant qu’unités spécialisées dans la lutte contre les réseaux criminels.

Il a été aussi mis en place un laboratoire régional d’analyse des traces numériques au niveau de la préfecture de police de Tétouan, un nouveau mécanisme technique d’appui dans le domaine de l’expertise numérique et technologique, outre le renforcement des services régionaux de police scientifique et technique à travers la mise en place de onze nouveaux services de l’identification judiciaire dans les districts de police de Mehdia et des commissariats de police à Kariat Ba Mohamed, Goulmima, Aïn Beni Mathar, Zaiou, Al Aroui, Figuig, Beni Ensar, Tikiouine, Oulad Teima et Targuist.

Un taux d’élucidation des affaires criminelles de 96%

Dans le domaine de la lutte contre la criminalité et du renforcement du sentiment de sécurité, les services de sûreté nationale ont traité, durant l’année 2020, un total de 851.343 affaires, dont 817.259 ont été résolues, soit une augmentation d’environ 33% par rapport à 2019.

Cette hausse s’explique par le bilan des opérations sécuritaires menées dans le cadre de la lutte contre les actes et les infractions liés à la violation de l’état d’urgence sanitaire, en particulier la diffusion de fausses informations, la commercialisation illégale de faux masques et de désinfectants, les crimes relatifs aux nouvelles technologies et la violation des mesures de confinement.

Baisse de 30% du nombre de délits d’atteintes aux biens

Parallèlement à la hausse du nombre de ces infractions et crimes liés au contexte de la pandémie de Covid-19, il a été observé une nette diminution de la courbe globale de criminalité, dont des baisses de 30% des atteintes aux biens, de 4,72% des atteintes contre les personnes et de 22% des affaires financières et économiques.

96% des crimes ont été résolus

Quant au taux de réprimande, représentant le nombre de résolution des crimes, il a connu une hausse exceptionnelle d’environ 96%, un chiffre inédit et un pourcentage très élevé réalisé grâce au recours systématique aux techniques de la police scientifique pour appuyer les enquêtes criminelles, à l’intensification des opérations sur le terrain contre les personnes recherchées (117.494 arrestations), aux renforcement des structures policières chargées de la lutte contre la criminalité, notamment les unités mobiles de la police de secours et des brigades anti gangs, ainsi qu’à la diminution significative (à 14%) du nombre de victimes d’actes criminels.

469 réseaux criminels violents démantelés

En ce qui concerne la lutte contre les réseaux criminels violents, l’année 2020 a enregistré l’arrestation de 779 individus pour leur implication présumée dans 469 réseaux criminels s’activant dans le vol avec violence ou sous la menace, ainsi que l’arrestation de 466 organisateurs pour leur implication présumée dans 123 réseaux criminels spécialisés dans le trafic d’êtres humains et l’organisation de l’immigration clandestine, outre l’arrestation de 9.179 candidats à l’immigration clandestine, dont 6.162 ressortissants étrangers, et la saisie de 663 documents de voyage ou d’identités falsifiés.

Baisse des saisies de cocaïne et de psychotropes

S’agissant du nombre de personnes arrêtées dans les affaires de drogues, il a atteint 97.564, enregistrant un recul de 23% par rapport à l’année écoulée.

Par ailleurs, il a été constaté une baisse significative des indicateurs de saisies de drogues dures à cause des répercussions des mesures de précaution mises en œuvre au niveau national et international pour endiguer la propagation de la pandémie de Covid-19, avec tout ce que cela entend comme transformations dans la géographie internationale des drogues et de neutralisation des itinéraires habituels de contrebande.

Les quantités de cocaïne saisies cette année ont atteint 132 kg et 167 g, en baisse de 75% par rapport à l’année précédente.

De son côté, le nombre de comprimés et de psychotropes saisis s’est élevé à 476.923 comprimés, dont 145.848 comprimés de type ecstasy provenant illégalement de pays européens, soit une baisse de 66% par rapport à 2019.

Le haschich a toujours la côte chez les trafiquants

Quant aux quantités saisies d’héroïne, elles sont restées à leur niveau habituel avec 8kg et 501 g, tandis que les saisies de haschich et ses dérivés ont atteint 217 tonnes et 323 kg, en hausse de plus de 37 tonnes par rapport à l’année dernière, et ce en raison des opérations conjointes et ciblées menées par les services de la Sûreté nationale et la surveillance du territoire national pendant le confinement sanitaire.

Ces opérations, ajoute-t-on, ont ciblé les nouveaux itinéraires de trafic que les réseaux de drogues ont tenté d’ouvrir dans les plages du centre ou du sud du Royaume, ou bien à travers l’axe routier reliant le nord au sud du pays via le pôle urbain de Casablanca, en exploitation les autorisations octroyées aux camions de transport des marchandises et des produits de première nécessité.

Des centaines de suspects déférés pour terrorisme, chantage, contrefaçon …

Concernant les autres types de crimes, la police judiciaire a déféré aux parquets 21 suspects impliqués dans des affaires de terrorisme et d’extrémisme.

Elle a également présenté 300 personnes pour des affaires de chantage sexuel sur Internet qui ont ciblé 458 victimes (dont 107 ressortissants étrangers); 231 personnes pour des affaires de détournement et de dilapidation de biens publics, outre le traitement de 250 affaires liées à la contrefaçon de la monnaie nationale et sa mise en circulation.

Ouverture de 11.822 enquêtes criminelles en 2020

Quant aux brigades de renseignement criminel et d’appui technique établies par la DGSN pour appuyer les enquêtes criminelles et analyser les indicateurs de convergence et d’intersection entre les réseaux criminels, et afin d’activer les investigations autour des personnes recherchées, elles ont traité 34.047 affaires au cours de cette année, et réalisé 11.822 enquêtes dans domaine criminel.

Ces brigades ont aussi contribué à l’identification de 2.460 personnes impliquées dans des affaires en suspens, outre l’apport de 27.249 opérations de soutien et d’assistance technique aux autres brigades et unités de lutte contre la criminalité.

Mise en œuvre de mesures spécifiques pour faire respecter l’état d’urgence

Pour ce qui est des mesures sécuritaires visant à assurer l’application de l’état d’urgence sanitaire pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, la DGSN a entrepris des mesures adaptées au contexte de la pandémie et aux défis qu’elle pose en matière de sûreté publique.

Ainsi, 154 barrages judiciaires ont été installés sur différents axes routiers dans les zones urbaines et périphériques, appuyés par plus de 1699 points fixes et mobiles pour contrôler les déplacements exceptionnels et faciliter la circulation des marchandises et des produits de première nécessité.

Ainsi, 15.658 agents de police ont été mobilisés pour travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Ces unités ont été affectées à 2.980 patrouilles d’intervention rapide comptant dans ses effectifs 11.360 agents de sûreté, qui ont été appuyés par des éléments de la police des frontières et des centres d’enregistrement des données d’identification, et qui ont été redéployés pour travailler sur le terrain après la suspension des voyages internationaux et des centres d’émission des cartes d’identité.

968.967 infractions à l’état d’urgence

En ce sens, les services de la Sûreté nationale ont recensé 968.967 infractions aux dispositions exceptionnelles visant à stopper la propagation de la Covid-19, à l’issue desquelles 196.972 personnes ont fait l’objet d’enquête judiciaire.

De même, 408.705 masques médicaux contrefaits ou non conformes aux normes de sûreté et de prévention ont été saisis, alors que 284 personnes suspectées pour leur fabrication, préparation et commercialisation ont été arrêtées.

En dernier lieu, quelques 1.383 litres de produits stérilisants fabriqués à base de produits chimiques suspects et nocifs pour la santé publique ont été saisis, tandis que 28 individus ont été arrêtés pour leur implication présumée dans leur commercialisation.

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