Carte de presse N°78, le livre à ne pas rater de Najib Refaïf

Pour le plaisir de la lecture, pour ceux qui aiment la culture, qui veulent en savoir un peu plus sur la vie culturelle des années 80, pour ceux qui s'intéressent aux médias, voici un récit proposé par un journaliste discret qui marque son époque: Najib Refaïf.

Carte de presse N°78, le livre à ne pas rater de Najib Refaïf

Le 15 février 2021 à 10h05

Modifié 10 avril 2021 à 23h19

Pour le plaisir de la lecture, pour ceux qui aiment la culture, qui veulent en savoir un peu plus sur la vie culturelle des années 80, pour ceux qui s'intéressent aux médias, voici un récit proposé par un journaliste discret qui marque son époque: Najib Refaïf.

Avant de parler du contenu du livre, attardons-nous sur son auteur. 

Najib Refaïf a commencé, “par hasard“, une carrière de journaliste au sein du quotidien Al Maghrib, fondé par Abdellah Stouky et dirigé par Mustapha Iznasni. Féru de lecture, celle du plaisir de lire, il était certainement prédisposé à cette trajectoire inédite qui fut la sienne.

Najib est monté à Rabat, venu de son Fès natal, à la fin des années 70. A l’orée des deux décennies 70 et 80, il fut recruté par le quotidien le mieux écrit de son époque. De journaliste “polyvalent“, il devînt journaliste culturel, puis responsable de la rubrique culture et enfin, rédacteur en chef. En réalité, c’est la Culture qui venait de le recruter.

Plus tard, il fût happé par la littérature en tant que conseiller éditorial et surtout par la télévision au milieu des années 90, où il a dirigé jusque récemment, la production des fictions à 2M. Il a également été un chroniqueur lu et apprécié dans La Vie Eco et Le Courrier de l’Atlas.

Autant que puisse en juger l’auteur de ces lignes, le journalisme culturel a eu de belles années dans ces années 80 au Maroc où un film, une pièce de théâtre, un vernissage, un livre, pouvaient faire l’événement. Où un Mohammed Khait-Eddine ou un Ahmed Bouanani pouvaient tenir chronique chaque semaine dans un quotidien appelé Al Maghrib.

Dans cette actualité parfois foisonnante, toujours intéressante, Najib avec son bagage culturel, sa relation particulière aux mots, son caractère dominé par sa pudeur et sa profonde sensibilité, sa gentillesse réelle, son empathie, Najib ne pouvait que se faire des amis. Il est le grand témoin ou l’un des grands témoins de la vie culturelle, de la vie des médias, de la vie tout court de cette époque et jusqu’à nos jours. Lui qui se reconnaît dès cette époque une “culture générale anachronique, un amour de la musique et des chansons à textes…“.

Ce livre est consacré à la partie purement journalistique de sa carrière, c’est-à-dire celle d’Al Maghrib et, parenthèse courte, du Message de la Nation, qu’il avait lancé avec Abdellah Stouky et qui fut pour l’époque et avec des moyens financiers et techniques limités, une prouesse hebdomadaire. Une prouesse qu’il avait parsemée de trouvailles journalistiques et où la culture était omniprésente. Najib Refaïf ou la volonté d’excellence.

Le livre est un récit “extime“ de la part d’un narrateur pudique. Il manie les métaphores comme une seconde nature et les amoureux de la langue élégante comme les fans du chroniqueur, trouveront des clins d’œil qu’ils apprécieront.

Les journalistes d’un certain âge reconnaîtront des atmosphères qu’ils ont vécues et reconnaîtront ou ne reconnaîtront pas, des personnages cités dans l’anonymat. Car Refaïf n’a pas voulu faire un récit émaillé d’anecdotes ; il cite surtout ceux qui sont partis, Mohammed Khair-Eddine, Ahmed Bouanani, Mustapha Iznasni, Saïd Saddiki, Tayeb Saddiki, Abdelkader Chabih…

Refaïf a toujours été très attentif à la mémoire. Ce terme a souvent figuré dans ses écrits. Son récit est par définition tourné vers le passé et on a l’impression que l’auteur n’a pas besoin de consulter ses notes pour reconstituer une scène. La plus intense pourrait être celle-ci : “Un père taiseux accompagné d’un fils méditatif face à l’infini tumultueux de l’océan. Un amour qui ne dit pas son nom“. Il parle bien sûr de lui-même et de son père. Najib a toujours parlé de son père, de son passé, avec des phrases très belles emportées par le vent de l’oral.

C’était l’époque du plomb, au sens propre du terme, de la typographie, de l’impression offset. La quadrichromie était rare dans les journaux, avant que la photocomposition ne fasse ses premiers pas dans les ateliers.

Najib a été l’ami, le confident, le camarade des plus grands noms de la culture marocaine. Il les a tous connus. Il pourrait les raconter tous. Chaque séquence du livre comporte plusieurs angles qui mériteraient chacun un article, une interview, un podcast…

Parlant de sa relation avec Abdelkader Chabih, il écrit : “Loin des conflits et jalousies de la profession, comme des polémiques entretenues par quelques journalistes-idéologues, (…) Chabih et moi avions choisi la culture comme moyen de parler à tout le monde“.

Le journaliste ou le chroniqueur écrivent pour les autres. Un auteur écrit pour lui-même. Najib nous offre “une sorte de guide de la souvenance à l’usage des oublieux“. Tout en précisant : “Evoquer n’est pas écrire l’histoire, ni décrire une époque ou enfiler les anecdotes“.

Bref, ce livre est une “entreprise mémorielle strictement personnelle et frappée au coin de la subjectivité“. Il est fait pour être lu, médité, développé. Merci Najib Refaïf pour ce que tu as fait pour le journalisme et pour la culture. Pour ce livre et ceux qui suivront.

Carte de Presse n°78. Najib Refaïf. Virgule Editions.

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