Législatives 2021. Pour Baraka, la vraie polarisation oppose les courants libéral et égalitaire

Invité de la Fondation Lafqih Tetouani pour débattre des enjeux des prochaines législatives, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a affirmé que la compétition actuelle entre partis ne se joue pas sur le registre modernistes contre conservateurs ou réformateurs contre partis de l’administration, mais entre un courant ultra-libéral qui croit en la politique du ruissellement et un autre courant qui défend l’Etat social, les classes pauvres et moyennes.

Législatives 2021. Pour Baraka, la vraie polarisation oppose les courants libéral et égalitaire

Le 4 mai 2021 à 20h59

Modifié 5 mai 2021 à 9h09

Invité de la Fondation Lafqih Tetouani pour débattre des enjeux des prochaines législatives, le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a affirmé que la compétition actuelle entre partis ne se joue pas sur le registre modernistes contre conservateurs ou réformateurs contre partis de l’administration, mais entre un courant ultra-libéral qui croit en la politique du ruissellement et un autre courant qui défend l’Etat social, les classes pauvres et moyennes.

Le patron de l’Istiqlal a émis une idée nouvelle lors de ce débat organisé par la Fondation Lafqih Tetouani, et qui reflète selon lui la vraie réalité des enjeux des prochaines élections législatives.

Dans son analyse déroulée tout au long de 2h30 de débat, il a tenu à expliquer que contrairement à ce que véhiculent certains milieux et analystes politiques, qui parlent de polarité dans le champ politique entre conservateurs et modernistes ou partis réformateurs et partis du « Tahakkoum », la vraie polarité et la vraie concurrence existe entre deux courants dont on ne parle pas beaucoup : un courant ultra-libéral, qui a participé aux deux derniers gouvernements, qui défend en priorité les intérêts du secteur privé et de la classe aisée, ne croit pas en le rôle de l’Etat dans l’économie ou dans des secteurs comme l’éducation et la santé, et pense que le soutien d’une certaine classe riche conduira à plus d’investissements, et de facto à la création d’emplois et de richesses pour le pays.

Le deuxième courant défendrait l’inverse de cette orientation libérale agressive comme la qualifie Nizar Baraka, qui appelle à l’égalité, à la justice sociale et économique, à l’égalité des chances, à la baisse des inégalités sociales et territoriales. Un courant dont se revendique l’Istiqlal, aussi bien dans son programme politique et économique pour les législatives 2021, mais qui n’est pas nouveau, selon lui, puisque le parti a pu mettre en place cette orientation socio-démocrate sous Abbas El Fassi avec des résultats satisfaisants.

Les résultats des politiques libérales : la démonstration chiffrée de Baraka

Pour appuyer sa théorie, le secrétaire général de l’Istiqlal qui, il le faut le dire, a une grande maîtrise des dossiers économiques du fait de sa formation et de son parcours (ancien ministre des Affaires générales et économiques, ancien ministre des Finances et ancien président du CESE), a sorti des chiffres très parlants. Des chiffres officiels qui proviennent du HCP, insiste-t-il, et qui montrent selon lui clairement la différence entre ces deux orientations qui existent dans le champ politique.

Il commence d’abord par dresser le bilan de la politique ultra libérale des deux derniers gouvernements, qui ont montré de manière spectaculaire le résultat des choix faits.

« De 2014 à 2019, avant la pandémie, les inégalités sociales ont atteint un record, niveau que notre pays n’a pas connu depuis l’indépendance. Et ce sont des chiffres du HCP qui le prouvent. Ces inégalités ont atteint 46%. Sur le plan international, selon l’indice GINI, le taux considéré comme acceptable socialement est de 42%. Nous avons au Maroc dépassé ce minima entre 2014 et 2019. Je prends 2019 comme année de référence pour que personne ne vienne nous dire que la pandémie y est pour quelque chose. Nous sommes à quelques doigts d’entrer dans une confrontation entre classes sociales. Ces inégalités, comme le précise le HCP, ont augmenté de 17% en milieu urbain. Et, pire encore, de 40% dans le monde rural, où les revenus proviennent essentiellement de l’agriculture. Voilà le résultat des politiques libérales menées depuis 2014 », accuse le SG de l’Istiqlal.

Autres indicateurs exposés pour montrer les résultats « désastreux » de la politique libérale des deux derniers gouvernements dirigés par le PJD : la répartition des revenus au niveau national.

« Les chiffres du HCP montrent que 20% des Marocains détiennent plus de 53,3% des revenus du pays. En 2014, ce taux ne dépassait pas 47%. On a donc aujourd’hui 80% des Marocains qui se partagent 46% des revenus globaux du pays. Et les 20% des Marocains les plus pauvres n’ont que 5,4% de ce revenu national », ajoute-t-il.

Cet ultra libéralisme « sauvage » se traduit également , comme l’affirme Nizar Baraka, par la politique volontariste d’encouragement aux importations au détriment de la production nationale, dans une logique de marché qui ignore toute souveraineté nationale.

Il prend l’exemple de la Samir, où il reconnaît que le problème originel vient de la mauvaise gestion de ses propriétaires et de son management. Mais pose la question de ce qu’a apporté le gouvernement comme solution depuis pour régler ce problème et permettre au Maroc de recouvrir une certaine souveraineté énergétique et éviter au pays d’aller vers l’importation tous azimut de produits raffinés, au moment où le pays en était un exportateur quand la raffinerie de Mohammedia fonctionnait.

« Tous les investissements réalisés dans la Samir sont en train de partir en fumée. Mohammedia est à l’arrêt. Le Maroc exportait 6 milliards de dirhams de produits raffinés par année. Tout cela est parti en fumée. On produisait de l’essence, du gasoil, pour couvrir une bonne partie de notre consommation. Mais le gouvernement a choisi la solution de l’import. Et il s’agit d’une orientation globale dans tous les secteurs. Aujourd’hui, on nous parle même d’importer des médecins étrangers. On n’est pas contre les médecins étrangers, mais on dit que la priorité doit être donnée aux médecins marocains. Et que les étrangers doivent être une exception et non la règle. Voilà la démonstration de cette logique libérale radicale qui croit que le marché mondial peut tout nous fournir, sans se demander comment on va financer tout cela et quel impact cela aura-t-il sur nos équilibres économiques et sociaux ».

Ce soutien aux importations se voit clairement selon lui dans les tarifs douaniers : « Aujourd’hui, les droits de douane pour les matières premières qui entrent dans les chaînes de production nationales sont supérieurs aux droits de douanes de certains produits finis. Ça montre clairement la politique et l’orientation du gouvernement qui préfère se servir à l’étranger plutôt que de soutenir l’entreprise locale. Sachant que chaque produit importé crée des emplois à l’étranger.»

Autre cas cité, celui des bus acquis récemment par la ville de Casablanca.

« On a importé 700 bus et acquis 200 bus produits au Maroc. Je ne sais pas pourquoi on a préféré les bus importés aux bus produits localement. Sachant qu’il y a une grande aberration dans ce dossier qui encourage clairement l’importation : pour acheter 700 bus de l’étranger, il faut une seule autorisation. Mais pour acheter les bus locaux, il faut une autorisation pour chaque unité, chaque bus acquis. Comment peut-on interpréter cela ? », s’interroge-t-il.

Et pour donner le dernier coup de massue à cette politique, le SG de l’Istiqlal évoque le très sulfureux dossier de libéralisation des hydrocarbures, qui illustre selon lui cette orientation libérale qui se fait au détriment des couches moyennes et de leur pouvoir d’achat.

« Quand le pétrole a augmenté en flèche entre 2007 et 2011, période où nous dirigions le gouvernement, nous n’avons pas répercuté cela sur les prix à la pompe. Et la caisse de compensation a continué  à assumer le poids des prix du pétrole. Et même sous Benkirane, pendant la période où on était au gouvernement, quand on a été obligés d’augmenter les prix pour alléger le déficit insoutenable de l’époque, on a opté pour l’indexation, qui a maintenu le soutien de l’Etat aux prix. Mais dès qu’on a quitté le gouvernement, la compensation des hydrocarbures a été supprimée, les prix libéralisés, et les bénéfices des sociétés pétrolières ont atteint des records sur le dos du consommateur, sans la moindre réaction du gouvernement. Il fallait que les citoyens lancent un mouvement de boycott pour que le gouvernement réagisse. Et là, on voit bien les courants qui défendent les citoyens, leur pouvoir d’achat, les classes moyennes, et ceux qui travaillent pour l’intérêt des plus grands, des riches, de la classe aisée », lance Nizar Baraka, qui chiffre le coût de cette libéralisation pour les familles marocaines à 300 à 500 dirhams par mois.

L’Etat social et égalitaire : l’alternative que présente l’Istiqlal

Tout cela pour dire que la priorité aujourd’hui est de réorienter ces politiques, qui ont creusé la pauvreté dans le pays, détruit le pouvoir d’achat de la classe moyenne, ralenti la croissance économique, nuit aux entreprises nationales et ont profité essentiellement aux classes aisées et aux grands investisseurs.

« On a besoin d’un nouveau patriotisme économique. C’est une priorité. Il faut renforcer notre souveraineté nationale. Il faut passer du soutien indéfectible aux importations, à la promotion et au soutien de la production locale, tout en assurant que le prix et la qualité restent à des niveaux acceptables pour les consommateurs.  On a besoin de réduire la pauvreté, d’élargir la classe moyenne, d’augmenter son pouvoir d’achat, réduire les inégalités sociales et territoriales, réinvestir dans l’éducation et l’hôpital public, car c’est le seul moyen pour recréer une confiance entre les citoyens et les institutions, assurer la stabilité sociale et mettre le pays sur les rails du développement et de la démocratie», plaide Nizar Baraka.

Et cette orientation, que la pandémie de la crise du Covid-19 rend plus que nécessaire, selon lui, n’est pas nouvelle chez l’Istiqlal. Mais c’est une de ses bases fondatrices. Et le parti, selon lui, a eu l’occasion de le prouver quand il était aux affaires entre 2007 et 2011.

« Quand on dirigeait le gouvernement, on a pu réduire les inégalités. Selon l’indice GINI, le taux des inégalités sociales était de 41% en 2017. On l’a baissé de 9,5%, que ce soit dans le milieu urbain que rural. Comment ? On s’est appuyé sur l’INDH, initiative lancée par le Roi, qui a permis de réduire la pauvreté et de développer la classe moyenne. On a baissé l’IR de 42 à 38%. On a augmenté les salaires de 900 DH dans la fonction publique et relevé le SMIG de 25% en 4 ans. On a également instauré un salaire minimum au sein de la fonction publique, le faisant passer de 1.000 dirhams à 2.500 dirhams puis à 3.000 dirhams. On a exonéré 500.000 familles de l’IR. On a élargi la couverture santé à travers le Ramed. Et on a créé le fonds de cohésion sociale qui a pu abriter les initiatives Tayssir, Ramed, l’opération 1 million de cartables et d’autres programmes sociaux. Tout cela, on l’a fait, car c’était notre orientation de politique économique et nous sommes convaincus qu’un pays ne peut se développer sans une classe moyenne solide », explique-t-il.

Une orientation sociale que le parti a selon lui continué à défendre au sein de l’opposition, en faisant à chaque fois des propositions au gouvernement quand il fallait répondre à des dossiers chauds. Comme lors du boycott, a-t-il affirmé.

« Quand il y eu le boycott, on a dit au gouvernement que la classe moyenne s’est réduite et qu’elle ne pouvait plus supporter le coût de la vie. Et on a proposé une révision du barème de l’IR, pour élargir les populations exonérées, et réduire la pression fiscale sur les classes moyennes. Mais le gouvernement a refusé. Et on a même proposé une alternative à cette baisse des recettes de l’IR en proposant de surtaxer les sociétés qui bénéficient de certains avantages monopolistiques ou oligopolistiques. Le gouvernement a refusé encore une fois.  Ce qui montre clairement l’orientation politique du gouvernement. Et l’orientation que nous défendons au sein de l’Istiqlal », raconte Nizar Baraka.

Pour ces élections, le parti restera fidèle à cette ligne. Et c’est ce qu’il présente dans son programme qui essaie de répondre à plusieurs défis. Dont deux essentiels :

1-Assurer la sortie de la crise : « Notre pays a été lourdement frappé par la crise du Covid-19 et ses divers impacts : récession économique, augmentation de la pauvreté et du chômage en l’absence de couverture sociale. Sur les 350.000 personnes qui ont perdu leur travail dans cette crise, il n’y a que 15.000 qui ont reçu l’indemnité de perte d’emploi. La pandémie est encore là. Il y a de nouvelles souches qui apparaissent et personne ne peut prédire la fin de cette crise. Il est donc nécessaire de vivre avec et chercher des moyens pour assurer une vie digne aux citoyens », détaille le SG de l’Istiqlal.

2-La mise en place du nouveau modèle de développement : « Il faut des ruptures. Les politiques publiques actuelles sont dépassées, surtout avec la pandémie. Cela demande des réformes profondes, un travail de fond avec un rythme accéléré, et surtout une cohésion dans le travail gouvernemental ».

Baraka plaide pour la distribution équitable des richesses et des sacrifices

Des défis économiques et sociaux auxquels le parti compte répondre à travers un programme construit sur plusieurs axes:

-Renforcer la souveraineté économique nationale en donnant la priorité à la production nationale.

« La priorité doit être donnée à l’entreprise locale, au produit local. C’est le seul moyen pour faire un décollage économique responsable, qui va réduire les inégalités sociales et territoriales, créer des emplois et refaire fonctionner l’ascenseur social », affirme Nizar Baraka.

Cette souveraineté n’est pas qu’industrielle, assure-t-il.

« Je parle aussi de la sécurité de l’eau, de la sécurité alimentaire et énergétique, et de la souveraineté dans le domaine de la santé. Le Maroc a lancé le grand chantier de l’élargissement de la protection sociale. On veut que ce soient les Marocains, les médecins locaux et l’industrie locale qui bénéficient de ce programme, pas les étrangers. Dans les années 1990, on produisait 90% des médicaments qu’on consommait. Aujourd’hui, on est à moins de 50%. Si on ne rattrape pas le coup avec ce chantier de généralisation de la couverture médicale, on descendra demain à 40% et ce seront les labos étrangers qui profiteront de ce chantier ».

– Réaliser l’égalité et la cohésion sociale et réduire les inégalités sociales et territoriales. Et assurer également la cohésion entre générations. « Le sujet de la cohésion entre générations est d’une extrême importance. On doit penser à ce qu’on va léguer aux générations futures. Et pour cela, on doit protéger l’environnement, régler la problématique de la rareté de l’eau. D’ici 2050, on va perdre 50% de nos ressources en eau. Pour éviter cette catastrophe, il faut travailler dès aujourd’hui.»

-Reconstruire la confiance. « La préparation de la loi aujourd’hui part du principe que tous les Marocains sont des tricheurs. On part de l’exception et on en fait la règle. Ce qui rend les lois compliquées à appliquer et maintient le statu quo. On doit partir de la confiance comme base pour légiférer. Et celui qui commet une faute doit payer le prix. Il faut qu’on ait confiance dans nos citoyens et nos entreprises. Il faut aussi de la crédibilité. Sous Abbas El Fassi, le gouvernement a réalisé 85% de ses promesses. Il faut faire ce qu’on dit. C’est la base de la confiance », affirme Nizar Baraka.

Pour lui, les Marocains ont besoin aujourd’hui d’être rassurés. Par rapport à leur avenir, celui de leurs enfants, leur pouvoir d’achat, leur ascension dans l’échelle sociale, leur sécurité alimentaire et plein d’autres attentes… Et avoir surtout confiance en leur pays au lieu de penser pratiquement tous à le quitter…

« Notre pays a les moyens de leur assurer cela. Et on l’a vu pendant la pandémie avec la mobilisation du Fonds pour la solidarité, le lancement du chantier de la protection sociale, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, les aides directes envoyées aux plus démunis… Les Marocains ont montré aussi un grand sens de solidarité et d’innovation. Mais la clé de tout cela, c’est l’unité derrière le Roi. Nous avons besoin d’un projet qui nous unit. Et cette compétition électorale doit servir à unir les Marocains pour l’intérêt de toutes les couches de la population, et non une seule », analyse le SG du PI.

« Il est temps que tout Marocain ait son droit dans les fruits du développement. Les gens oubliés de la montagne, les gens du périurbain, des villes, des campagnes… Tout le monde a le droit d’avoir sa part du gâteau dans la richesse créée. Il est temps d’avoir une distribution équitable et juste des richesses. Mais aussi une distribution égale des sacrifices. On ne peut pas compter uniquement sur les sacrifices de la classe moyenne », tonne Nizar Baraka, comme pour critiquer la manière avec laquelle le gouvernement a entrepris l’épineux dossier du financement de l’élargissement de la couverture maladie. Un chantier qui sera financé, au moins pendant la première année, par les deniers publics mais aussi par une taxe de solidarité imposée aux salariés et fonctionnaires et aux entreprises.

Pour financer ce chantier très coûteux, Nizar Baraka propose des mécanismes alternatifs et durables. Comme l’organisation de la pratique de la Zakat ou encore la suppression de certains avantages fiscaux et subventions accordés à certains secteurs. Des solutions qui peuvent apporter à l’Etat des dizaines de milliards,selon lui.

« On pense qu’il temps d’organiser la Zakat dans notre pays dans le cadre d’un fonds. Qu’elle ne soit pas obligatoire. Un fonds qui peut servir à octroyer des aides directes aux familles pauvres, et finance le chantier de la protection sociale, pour qu’on assure un financement équitable de ce programme qui ne se fasse pas sur le dos du pouvoir d’achat d’une certaine frange de la population. On a aussi plusieurs dépenses fiscales offertes à certains secteurs, sans compter les aides données à plusieurs autres secteurs et qu’on estime au total à 70 milliards de dirhams. On peut réviser tout cela. Analyser ce qui peut sauter, ce qui doit rester. Il y a des sociétés dans le secteur du gaz et des hydrocarbures qui sont subventionnées pour investir dans des plateformes de stockage, mais qui n’ont pas respecté leurs engagements. L’aide de l’Etat doit être conditionnée, et il faut un suivi étatique », propose-t-il.

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