Cadres de références des examens certifiants: Satisfaction mitigée chez les enseignants

Dans le secteur privé, la majorité des enseignants affichent leur satisfaction des cadres de référence établis par le ministère de l’Education. En revanche, les constats sont mitigés dans le secteur public. Certains enseignants, joints par Médias 24, se disent également soulagés, tandis que d'autres dénoncent la non-prise en considération de l'enseignement en alternance, adopté dans plusieurs établissements publics.

Cadres de références des examens certifiants: Satisfaction mitigée chez les enseignants

Le 7 mai 2021 à 18h27

Modifié 7 mai 2021 à 19h06

Dans le secteur privé, la majorité des enseignants affichent leur satisfaction des cadres de référence établis par le ministère de l’Education. En revanche, les constats sont mitigés dans le secteur public. Certains enseignants, joints par Médias 24, se disent également soulagés, tandis que d'autres dénoncent la non-prise en considération de l'enseignement en alternance, adopté dans plusieurs établissements publics.

Les cadres de références, publiés dans la soirée du 4 mai par le ministère de l’Education nationale, étaient très attendus par le corps enseignant qui se disait dans l’incapacité d’achever le programme scolaire, très lourd pour une année exceptionnelle, marquée par la pandémie et l’adoption de différents modes d’enseignements.

Satisfaction dans le secteur privé

Dans le secteur privé, la majorité des enseignants des niveaux certifiants joints par nos soins se disent satisfaits desdits cadres.

D’après un enseignant de SVT dans un lycée privé à Rabat, « nous avons dépassé le seuil retenu par le ministère pour l’examen national unifié du baccalauréat. Nous étions déjà à plus de 75% du programme scolaire, mais l’examen ne portera que sur 60%, soit la totalité du programme du premier semestre et un chapitre du 2e semestre. En SVT, deux principaux et lourds chapitres ont été retirés. C’est un soulagement pour nous, d’autant plus que ces cadres ont été publiés assez tard ».

Même son de cloche auprès d’un professeur de français en 6e année du cycle primaire, dans une école privée à Tétouan. « Nous sommes très satisfaits du cadre de référence établis par le ministère pour notre matière. Nous sommes assez avancés dans le programme scolaire, vu les contrôles réguliers des inspecteurs. Les jours qui nous séparent encore de l’examen normalisé pour l’obtention du certificat des études primaires (22 juin, NDLR) serviront ainsi à la majorité des enseignants à faire des exercices d’appui, et à une minorité d’arriver au seuil retenu par le ministère ».

Constats mitigés dans le secteur public

En revanche, il existe deux courants dans le secteur public. Dans le premier, qui représente la majorité de nos interlocuteurs, les enseignants affichent leur soulagement quant aux dits cadres de référence.

Tel est le cas d’un professeur de SVT dans un lycée public à Tiflet. « Les chapitres conservés par le ministère sont acceptés par les enseignants, dont la majorité ont dépassé le pourcentage qui sera compris dans l’examen national du baccalauréat ».

« Ces cadres ont été établis à l’issue de consultations entre le ministère et les Académies régionales. Ces dernières se sont, elles, basées sur des rapports réalisés par les directions provinciales, suite à des rencontres, tenues avec les coordinations des différentes matières enseignées ».

« Ainsi, les quelques jours qui restent permettront à quelques enseignants de rattraper le petit retard qu’ils accusent », ajoute notre interlocuteur. Il note également que « les parties évincées sont conséquentes » confirmant ainsi les propos recueillis auprès du professeur de SVT dans le lycée privé de Rabat. « Nous étions à peine à 75% du programme, et vu le faible nombre de séances dûes au système d’alternance, le volume horaire restant ne nous aurait pas permis de l’achever ».

Abdelkarim Safir, secrétaire général de l’Association marocaine des enseignants de philosophie (AMEP) et inspecteur de l’Éducation nationale pour les enseignants de philosophie du cycle secondaire, confirme: « Les cadres de références sont satisfaisants pour la plupart des professeurs de philosophie. Pour notre matière, plus de 40% du programme ont été retirés de l’examen national du Bac ».

« D’ici la fin de l’année scolaire, les enseignants s’activeront pour achever ce qui leur reste du programme retenu. Après l’Aid Al Fitr, comme l’a précisé la dernière circulaire du ministère, les professeurs devront préparer les élèves aux examens, à travers un appui pédagogique ».

L’autre courant du secteur public dénonce quant à lui la non-prise en considération des spécificités de cette année scolaire dite « exceptionnelle ».

Contacté par Médias 24, un acteur éducatif nous confie que « ces cadres n’ont pas pris en considération l’éducation en alternance adoptée dans la majorité des établissements publics, pour respecter la distanciation physique. La semaine éducative comprend en temps normal 7 jours d’études. Dans le contexte actuel de pandémie, la semaine éducative est passée à 15 jours, ce qui veut dire que ce qui doit être fait en 7 jours se fait en 15 jours ».

« Le ministère parle d’un enseignement à distance, à domicile, à travers des programmes diffusés sur des chaînes de télévision, mais la réalité est qu’aucun élève n’étudiera de lui-même. Seul l’enseignement au sein des salles de classe doit être pris en considération ».

« Dans ces conditions, le maximum qu’on peut atteindre dans le secteur public est la moitié du programme scolaire. Nous avons à maintes reprises appelé à un assouplissement des cours, en supprimant 30 à 40 % du programme pour ne retenir que l’essentiel, en vain ».

Notre source rappelle aussi que « l’enseignement suit une programmation bien définie. C’est-à-dire que nous avons un nombre de chapitres à enseigner pour chaque matière et par niveau. Cet enseignement se fait selon un nombre d’heures bien précis. On ne peut donc pas consacrer une demi-heure à un chapitre qui en nécessite quatre ».

Par ailleurs, « nous ne comprenons pas pourquoi certains chapitres, enseignés au début de l’année, n’ont pas été pris en considération par le ministère. Quel est l’intérêt de les exclure des examens certifiants? »

« Introduire des matières qui n’ont pas été étudiées par certains élèves du public dans les examens finaux serait une aberration. En plus, le ministère a beaucoup tardé à publier ces cadres. On ne peut donc plus se rattraper. A titre d’exemple, les examens de baccalauréat auront lieu début juin, et on aura une semaine de vacances (du 9 au 16 mai, NDLR). Les quelques jours restants ne suffiront donc pas à achever tout le programme retenu ».

Qu’en est-il du BTS?

Outre les cadres de références des examens de la 6 année primaire, de la 3e année collège et des première et deuxième années du baccalauréat, 78 cadres de l’examen de technicien supérieur ont également été publiés par le ministère.

Joint par téléphone, un enseignant du centre de préparation de BTS à Settat nous explique que « ces cadres sont satisfaisants pour la majorité des matières, exceptées les mathématiques. Deux chapitres principaux ont été exclus, à savoir la probabilité et les statistiques, sur lesquels capitalisent les étudiants pour avoir une bonne moyenne ».

« Cela s’explique par le fait qu’au début de l’année scolaire, les enseignants devaient rattraper le retard de l’année dernière durant le premier mois, ce qui les a empêché d’achever le programme de l’année en cours ».

Parents d’élèves: Les remarques remontées au ministère

Les parents d’élèves ont émis une série de remarques quant à ces cadres de références, qui ont été remontées au ministère de l’Education nationale lors d’une réunion tenue ce vendredi 7 mai avec la Fédération nationale des associations des parents d’élèves (FNAPEM), annonce celle-ci sur sa page Facebook.

Le type de remarques n’a toutefois pas été précisé. Malgré nos nombreuses tentatives de la contacter, la Fédération est restée injoignable.

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