La région de Laâyoune-Sakia El Hamra veut attirer plus d’investisseurs

Le 9 Avril dernier s’est tenue à Laâyoune la quatrième rencontre des régionales de l’investissement, organisée par la Banque Populaire. C’était l’occasion de relater les potentialités d’investissement et les différents projets structurants dans la région Laâyoune - Sakia El Hamra.

La région de Laâyoune-Sakia El Hamra veut attirer plus d’investisseurs

Le 11 juin 2021 à 9h58

Modifié 13 juin 2021 à 10h50

Le 9 Avril dernier s’est tenue à Laâyoune la quatrième rencontre des régionales de l’investissement, organisée par la Banque Populaire. C’était l’occasion de relater les potentialités d’investissement et les différents projets structurants dans la région Laâyoune - Sakia El Hamra.

La région de Laâyoune-Sakia El Hamra a bénéficié d’investissements importants de la part de l’Etat qui visent à rehausser le niveau des infrastructures et développer le capital humain. Avec une croissance économique bien plus forte que la moyenne nationale, elle se positionne maintenant comme une région à fort potentiel pour attirer les investisseurs nationaux et internationaux.

La région regorge de potentialités

Interrogé sur les potentialités de la région en matière d’investissement, le wali Abdeslam Bekrate a exposé ce qui est pour lui des richesses encore peu exploitées. D’abord, comme tout le Sahara marocain, il y a les énergies renouvelables qui représentent une réelle chance pour le pays, puisque la région offre des caractéristiques naturelles qui rendent des énergies comme l’éolien et le solaire très rentables.

Il y a également une large façade maritime à exploiter, que ce soit dans la pêche, l’aquaculture, le dessalement de l’eau, les chantiers navals ou le tourisme. Pour le wali, “la région regorge de potentialités” qui ne demandent qu’à être exploitées.

Selon lui, l’agriculture est aussi une piste qu’il faut développer, car le sol est riche et s’il arrive à être irrigué, à travers le dessalement de l’eau par exemple, les rendements peuvent être très encourageants. Pour Salah Fekkak, directeur de la chambre de commerce, d’industrie et des services de Laâyoune Sakia El Hamra, l’usine de dessalement d’eau, l’usine d’engrais et les énergies renouvelables représentent la combinaison gagnante pour l’agriculture de la région.

Abdeslam Bekrate rappelle que le projet de la voie express représente une vraie opportunité pour la ville, car “c’est presque une autoroute gratuite” qui va relier le nord du Maroc à la région et qui va continuer jusqu’au port prometteur de Dakhla Atlantique. Il explique par ailleurs que la région a été équipée d’infrastructures à même d’attirer les investisseurs, comme par exemple, l’aéroport, le CHU en chantier, la fibre optique, ou encore le port. Ce dernier est selon Ilham Mnouny, du département de la pêche maritime au niveau du ministère de l’agriculture, un important vecteur de développement, il représente d’ailleurs le deuxième port de débarquement en termes de volume (28% du total national) et le troisième en termes de valeur.

“Il faut que l’investisseur capte les signaux positifs que représentent les investissements de l’Etat dans l’infrastructure de la région. Il faut qu’il puisse détecter les potentialités qu’ils génèrent” précise Salah Fekkak.

Sur la question du foncier industriel, dont beaucoup de régions marocaines souffrent, le wali explique que sa région qui occupe 20% de la surface du territoire marocain, n’a aucun problème dans ce sens. Il ajoute que les collectivités territoriales dans toutes les provinces ont été partenaires pour la création des sites d’accueil pour les investisseurs. Il y a des zones d’activités à Laâyoune, Boujdour, Smara et à Terfaya.

Selon Mohamed Jifer, directeur du CRI, au moins 4.000 créations d’entreprises sont enregistrées chaque année dans la région. L’objectif du CRI est d’augmenter ce nombre de 1.000 nouvelles entreprises actives qui pourront générer plus de 5.000 emplois par an. Le CRI veut ramener le taux de chômage dans la région qui est de 18% à la moyenne nationale qui est de 12%, ce qui est équivalent à trouver un emploi à 18.000 personnes actuellement au chômage. Pour Salah Fekkak, ce fort taux de chômage peut aussi être considéré comme un atout, puisqu’il n’est pas difficile de recruter dans la région.

Sur le programme intégré de financement d’entreprises (Intelaka),  depuis son lancement, 345 dossiers de crédit d’un montant de 90 millions de dirhams ont été accordés.

La région a par ailleurs profité d’un contrat-programme avec l’Etat (2015-2021) qui a permis entre autres d’améliorer les infrastructures, la connectivité logistique et la formation des compétences et le capital humain en général. Cela vient renforcer les avantages concurrentiels de la région qui sont déjà très attractifs. Le coût du KWh par exemple y est de seulement 30 centimes, contre une moyenne de 1 DH au niveau national. 

Le directeur du CRI annonce que globalement la région réalise des avancées importantes en matière économique, la preuve en est que “depuis 2015, la croissance économique a atteint 6% annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne nationale ».

Il ajoute que la station de dessalement d’eau en chantier a enregistré un taux d’avancement des travaux de plus 80% et que sa mise en service se fera incessamment. Celle-ci permettra en autres de renforcer l’alimentation en eau potable dans la région.

La banque de projets

Hafid Chakra qui a représenté le ministère de l’industrie lors de cette rencontre, a détaillé les résultats régionaux du programme de substitution aux importations, autrement dit la banque de projets industriels. La part de la région Laâyoune Sakia El Hamra dans ce programme est de 8 projets représentant 3 secteurs. La majorité est pour l’agroalimentaire avec 6 projets, 1 pour le textile et 1 pour la construction navale. Ces investissements totalisent un montant de 120 millions de dirhams et permettront à terme de créer 300 emplois.

Les énergies renouvelables

L’énergie renouvelable représente un grand potentiel de développement pour la région puisque 755 MW ont déjà été installés à travers l’éolien et 85 MW l’ont été à travers le solaire. Le potentiel sur l’hydrogène vert est lui aussi important, puisqu’il est très énergivore et il pourra profiter du faible coût de l’électricité, rapporte Mohamed Jifer, directeur du CRI.

Mohamed El Haouari, représentant l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique, détaille tous les avantages dont peuvent profiter les entreprises en se tournant vers les énergies vertes. Son agence qui réalise des audits énergétiques accompagne les entreprises marocaines à prendre le virage de la décarbonation. Cette dernière offre l’avantage d’ouvrir les portes de l’export, notamment vers l’Union Européenne, mais aussi d’économiser sensiblement la facture énergétique des entreprises.

Il donne l’exemple d’une unité industrielle de conserves de poisson, qui peut réduire de 42% sa consommation d’électricité, rien qu’en modernisant ses moteurs et en adoptant les énergies renouvelables. Ou encore, un entrepôt frigorifique qui peut faire des économies d’énergie qui peuvent aller jusqu’à 30%.

La pêche

Quant à Salah Fekkak, il affirme que la filière de la pêche a une importance primordiale dans la région. Il a insisté sur l’importance de la valorisation des produits de la pêche, en allant vers plus de conserves et plus de surgelé. A l’amont, il recommande de rassurer les investisseurs en sécurisant la continuité et la stabilité des quotas. A l’aval, il recommande d’investir dans le branding, la conserverie et la logistique du froid.

Najat Toulba, présidente de l’ASMEX Laayoune Sakia El Hamra, insiste elle aussi sur l’importance de l’industrie maritime qui est pour elle le moteur de la croissance dans la région, en termes de création d’emplois et d’offre exportable.

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