Bank Al Maghrib maintient son taux directeur à 1,5%

A l'issue de son conseil, tenu ce mardi 22 juin, Bank Al-Maghrib a maintenu le taux directeur inchangé à 1,5%. Voici les prévisions macroéconomiques qui soutiennent cette décision.

Bank Al Maghrib maintient son taux directeur à 1,5%

Le 22 juin 2021 à 15h48

Modifié 22 juin 2021 à 16h34

A l'issue de son conseil, tenu ce mardi 22 juin, Bank Al-Maghrib a maintenu le taux directeur inchangé à 1,5%. Voici les prévisions macroéconomiques qui soutiennent cette décision.

Le Conseil de la banque centrale a jugé que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié et a décidé ainsi de le maintenir inchangé à 1,5%, encouragé dans cette décision par une politique monétaire largement accommodante, assurant des conditions de financement adéquates.

Bank Al Maghrib a estimé que la reprise de l’activité se poursuit à un rythme soutenu, favorisée par l’assouplissement des restrictions, les conditions de financement accommodantes et le stimulus budgétaire. Les perspectives restent toutefois entourées d’un niveau élevé d’incertitudes en lien notamment avec l’apparition de nouveaux variants du virus et les disparités entre pays en termes de rythme de vaccination.

L’inflation poursuit son accélération

Le Conseil a noté qu’après des taux de 0,7% en 2020 et de 0,1% au premier trimestre de 2021, l’inflation a atteint 1,7% en moyenne au cours des mois d’avril et mai.

Sous l’effet de la hausse prévue des cours internationaux du pétrole et de certains produits alimentaires, ainsi que de l’amélioration de la demande intérieure, elle devrait poursuivre son accélération tout en restant à des niveaux modérés, ressortant à 1% sur l’ensemble de cette année et à 1,2% en 2022.

Sa composante sous-jacente augmenterait de 0,5% en 2020 à 1,2% en 2021, puis à 1,5% en 2022.

Une croissance de 5,3% en 2021

Selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, la contraction de l’économie ressortirait à 6,3%, au lieu de 7,1% qui ressortait de la moyenne des données trimestrielles. Cette évolution reflète des replis de 8,6% de la valeur ajoutée agricole et de 5,8% de celle des activités non agricoles.

Pour l’année en cours, la banque centrale prévoit une croissance qui atteindrait 5,3%, portée par une hausse de 3,6% de la valeur ajoutée des activités non agricoles et un rebond de 17,6% de celles du secteur agricole.

Ce dernier reflète notamment les conditions climatiques très favorables qui ont marqué l’actuelle campagne agricole et qui se sont traduites par une augmentation de la production céréalière à 98 millions de quintaux.

En 2022, la croissance se consoliderait à 3,3%, avec une poursuite de l’amélioration du rythme des activités non agricoles à 3,8% et une baisse de 2% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 75 millions de quintaux.

Aggravation du taux de chômage

Sur le marché du travail,  Bank Al Maghrib relève des signes de reprise perceptibles avec une atténuation sensible des pertes nettes annuelles d’emploi à 202.000 au premier trimestre 2021 au lieu de 451.000 un trimestre auparavant.

Tenant compte d’une entrée nette de 40.000 demandeurs d’emplois, le taux d’activité a reculé d’une année à l’autre à 45,5% et le taux de chômage s’est aggravé à 12,5% globalement et à 17,1% en milieu urbain.

328 milliards de DH de réserves de changes

Sur le plan des comptes extérieurs, après une atténuation notable à 1,5% du PIB en 2020, le déficit du compte courant terminerait l’année à 3,8% du PIB avant de s’alléger à 2,6% en 2022.

La reprise des échanges de biens devrait se poursuivre, les prévisions de Bank Al-Maghrib tablant sur une augmentation des exportations de 14,5% sur l’ensemble de cette année, puis de 5,6% en 2022.

Par ailleurs, les importations s’accroîtraient de 16,6% en 2021, en lien essentiellement avec un alourdissement de la facture énergétique et une hausse des achats de biens de consommation, avant d’enregistrer un ralentissement de leur rythme à 3% en 2022.

Les recettes voyages connaîtraient une reprise graduelle avec l’ouverture des frontières, passant de 36,5 milliards de dirhams en 2020 à 44,4 milliards en 2021 et à 63,4 milliards en 2022.

Quant aux transferts des MRE, leur progression resterait soutenue avec un taux de 7,6% à 73,3 milliards en 2021 et de 2,8% à 75,4 milliards en 2022.

Concernant les recettes des IDE, elles avoisineraient l’équivalent de 3% du PIB en 2021 et en 2022.

Tenant compte notamment des tirages extérieurs du Trésor, ainsi que de l’allocation de DTS prévue par le FMI, les avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib avoisineraient 328,5 milliards de dirhams à fin 2021 et 338,6 milliards à fin 2022, soit l’équivalent de plus de 7 mois d’importations de biens et services.

Conditions monétaires

S’agissant des conditions monétaires, la banque centrale avance que les taux débiteurs ont connu une quasi-stabilité globalement au premier trimestre à 4,45% en moyenne, avec en particulier une augmentation trimestrielle de 21 points de base pour les particuliers et une baisse de 5 points pour les entreprises.

Dans sa composante destinée au secteur non financier, le crédit bancaire a enregistré un léger ralentissement de son rythme de 4,5% au quatrième trimestre 2020 à 4,1% au premier trimestre 2021, recouvrant une décélération de 5,3% à 4,2% pour les prêts accordés aux entreprises et une amélioration de 3% à 3,7% pour les crédits aux ménages.

Tenant compte des perspectives de l’activité économique, elle terminerait cette année avec une progression de 3,5% puis s’accroitrait de 3,8% en 2022.

Pour sa part, et après une appréciation de 0,8% en 2020, le taux de change effectif réel devrait se déprécier de 0,6% en 2021 et de 1,4% en 2022, sous l’effet essentiellement d’un niveau d’inflation domestique inférieur à celui des pays partenaires et concurrents commerciaux.

Un déficit à 7,1% en 2021

Pour ce qui est des finances publiques, l’exécution budgétaire au titre des cinq premiers mois de l’année fait ressortir un déficit de 25,1 milliards de dirhams, en légère baisse d’une année à l’autre.

Tenant compte notamment des réalisations, le déficit budgétaire devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, s’atténuer progressivement, revenant de 7,6% du PIB à 7,1% en 2021 et à 6,6% en 2022.

L’endettement du Trésor continuerait d’augmenter, passant de 76,4% du PIB en 2020, à 77,8% en 2021 puis à 80% en 2022.

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