Variant indien: quelques cas au Maroc, il faut rester vigilants

Quelques cas de variants indien dit Delta sont détectés au Maroc. Réputé plus transmissible et auquel les jeunes sont vulnérables, Delta prend le dessus sur le variant britannique dans plusieurs pays dans le monde. La vigilance reste de mise.

Variant indien: quelques cas au Maroc, il faut rester vigilants

Le 23 juin 2021 à 20h25

Modifié 24 juin 2021 à 13h05

Quelques cas de variants indien dit Delta sont détectés au Maroc. Réputé plus transmissible et auquel les jeunes sont vulnérables, Delta prend le dessus sur le variant britannique dans plusieurs pays dans le monde. La vigilance reste de mise.

Le variant indien, dit Delta, gagne du terrain dans plusieurs pays dans le monde. Il inquiète les épidémiologistes et les professionnels de la santé.

« Au Royaume Uni, plus de 90% des nouvelles contaminations sont dues au variant Delta. D’après les données disponibles sur Gisaid relatives aux quatre dernières semaines, 77% des contaminations au Portugal seraient liées au variant Delta. En Russie, il représente plus de 84 % des séquences déposées. Par ailleurs, il représente 10,17% des contaminations aux USA,  10,1 %  en Espagne et 7,75 % en Italie », explique Dr Tayeb Hamdi.

Le nombre « n’est pas alarmant »

Au Maroc, deux cas d’infections au variant indien ont été découverts à Casablanca, le 3 mai et annoncés officiellement par le ministère de la Santé.

Depuis, comme pour le variant britannique, les autorités sanitaires ne communiquent plus les résultats du séquençage génomique effectué, et donc il n’y a pas de données récentes sur le nombre de cas découverts. Rappelons que le séquençage concerne 10% des tests effectués.

Une source du comité technique et scientifique qui a accès à ces données, nous confirme « que d’autres cas du variant Delta ont été découverts », mais il ne s’agit pas d’un nombre alarmant. « Il s’agit de quelques cas », déclare-t-elle, refusant de nous communiquer le nombre précis.

« Dans le contexte actuel, les autorités sanitaires estiment qu’il n’est pas pertinent de communiquer ces chiffres pour ne pas affoler, alors que nous sommes en passe de reprendre un semblant de vie normale. La situation est maîtrisée pour l’instant« , nous assure ce membre du comité technique et scientifique.

« Si vous voulez un chiffre, je peux vous dire que 90% des nouveaux cas (séquencés) sont contaminés par la souche britannique », poursuit-il.

Une source médicale nous précise par ailleurs « que le suivi des cas contacts des deux premiers cas a été rigoureux permettant de contenir le variant ». « Trois autres cas ont été confirmés en relation avec les deux premiers », ajoute-t-elle.

Risque d’un reconfinement à la fin de l’été?

Pour ce membre du comité technique et scientifique, « la souche britannique a pris du temps pour remplacer la souche classique grâce aux mesures prises par les autorités et au sérieux des citoyens ».

Le déconfinement, l’ouverture des frontières marocaines avec des pays comme le Portugal ou le Royaume-Uni où le variant Delta est dominant, l’approche de la fête du sacrifice,… ne sont-ils pas autant de facteurs de risque d’une flambée de l’épidémie, voire une troisième vague et donc un reconfinement à la fin de l’été ?

« Le risque est là certes, mais aujourd’hui nous n’avons aucune certitude, que des probabilités », répond notre source. « Nous devons reprendre notre vie mais en maintenant les gestes barrières, ne serait-ce que le lavage des mains. En dehors du cercle intime et restreint de la petite famille, il faut être le moins tactile possible », poursuit-elle.

Pour ce qui est de le situation actuelle, notre source estime qu’elle reste maîtrisée. « Malgré le relâchement manifeste des citoyens, les nouveaux cas augmentent légèrement, nous n’avons pas de pression sur les hôpitaux, la mortalité a chuté,… ».

Dr Tayeb Hamdi partage cet avis. « Il y a deux façons de connaître le variant dominant. Le séquençage génomique est un premier moyen mais il ne concerne qu’une partie des cas positifs. Il ne représente pas totalement la réalité du terrain. Le fait de ne pas le détecter dans les échantillons séquencés ne veut pas dire qu’il n’est pas présent au Maroc », explique-t-il.

« Le second moyen est l’évolution de la situation épidémiologique. Tant que la situation n’évolue pas de façon inhabituelle ou cohérente, comme si l’on remarque dans une région donnée, une montée vertigineuses des cas de contamination, s’il n’y a donc rien d’inhabituel, cela veut dire que même si le variant est entré au pays, il a vite été étouffé », poursuit-il.

L’inquiétude est de mise

Si la situation au Maroc n’est pas si préoccupante que cela, l’avancée rapide de ce variant qui a est en passe de prendre le dessus sur ses prédécesseurs inquiète, surtout qu’il est réputé plus transmissible et touchant les jeunes.

C’est ce que nous explique Dr Tayeb Hamdi. « Les données sur ce variant se précisent de plus en plus depuis qu’il s’est déplacé à d’autres pays, notamment le Royaume-Unis. Les études réalisées démontrent que le Delta est 60% plus transmissible que l’Alpha (variant britannique, ndlr) qui est lui-même plus transmissible que la souche classique venant de Chine », explique-t-il.

« Le Delta génère deux fois plus de cas graves et d’hospitalisation notamment chez les jeunes », ajoute-t-il.

Une donnée que confirme Pr Ahmed Ghassan El Adib dans une publication sur son page facebook, graphiques à l’appui.  « Au Royaume-Uni, les cas sont en forte hausse à cause du variant Delta (indien) devenu dominant… mais cela ne concerne pas toutes les populations. La progression touche plutôt les plus jeunes et les non vaccinés », explique Pr El Adib.

 

Sur le registre de l’efficacité du vaccin sur le variant Delta, Dr Tayeb nous explique sur le base des données du Public Health England (PHE),  » que l’efficacité de la première dose du vaccin (Pfizer, Astrazeneca, ndlr) se voit réduite ».

Après une seule dose de vaccin : efficacité vaccinale vis-à-vis de la survenue d’une maladie Covid-19 symptomatique est de 31 % en cas d’infection par le variant Delta et de 49 % en cas d’infection par le variant Alpha.

« On observe donc une diminution de 18 points d’efficacité du vaccin contre la maladie symptomatique en cas d’infection par le variant Delta par rapport au variant Alpha. En revanche, après vaccination complète, l’efficacité contre une maladie symptomatique due au variant Delta est estimée à 80 % », explique Dr Hamdi.

« L’efficacité du vaccin vis-à-vis du risque d’hospitalisation en cas d’infection par le variant Delta est de 75 % après une seule dose et de 94 % après deux doses », poursuit-il.

Donc la vaccination reste le meilleur moyen pour contrer cette pandémie. C’est la raison pour laquelle le Royaume Uni a décidé de geler son programme de déconfinement pour 4 semaines, le temps d’accélérer la campagne de vaccination et d’immuniser avec au moins la première dose, les personnes vulnérables.

Au Maroc, Dr Hamdi Tayeb insiste sur le fait que toute la catégorie des +40 ans doit se faire vacciner. « S’il y a des retardataires, ils doivent aller se vacciner ».

Pour les autres, en attendant de nouveaux arrivages de vaccins, il faut maintenir les gestes barrières pour se protéger et protéger ses proches et préserver le pays d’une nouvelle vague dont les répercussions peuvent être plus dramatiques.

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