Campagne marocaine de vaccination anti-covid : la prouesse logistique expliquée par Aziz Alami (SNTL)

Aziz Alami, directeur général de la SNTL s'est confié sur la logistique de la campagne de vaccination. La sécurité a été un fil conducteur d'une stratégie basée sur l'anticipation, l'agilité et la digitalisation. Retour d'expérience.

Campagne marocaine de vaccination anti-covid : la prouesse logistique expliquée par Aziz Alami (SNTL)

Le 6 juillet 2021 à 20h12

Modifié 6 juillet 2021 à 20h12

Aziz Alami, directeur général de la SNTL s'est confié sur la logistique de la campagne de vaccination. La sécurité a été un fil conducteur d'une stratégie basée sur l'anticipation, l'agilité et la digitalisation. Retour d'expérience.

La logistique de la vaccination a été l’un des enjeux majeurs à gérer pendant cette campagne. Les efforts consentis par le Maroc ont été visibles dans la gestion sans couacs de ce domaine.

Aziz Alami directeur général de SNTL s’est exprimé lors du webinaire organisé par la SMAAR sur le thème: « vaccination anti Covid-19 : Aspects scientifiques, cliniques, logistiques et sociétaux » sur cet aspect.

En porte-parole de l’ensemble de l’écosystème logistique impliqué dans l’opération, les explications de Aziz Alami sont pleines d’enseignements.

L’on apprend notamment que « le Maroc a choisi d’avoir tout le temps un système de sécurité et de backup« , avance-t-il. « C’est-à-dire, à tout instant on peut transposer la totalité de la logistique d’un site principal à un autre site aménagé en Backup ».

« Nous avons mis en place à Mohammedia une partie frigorifique de backup. En cas de problème sur le site principal, on peut récupérer tout le stockage à Mohammedia rapidement ».

« Sur le transport, c’est la même chose. Tous les arrivages sont dédoublés. il n’y a jamais un seul aéroport. Il y a toujours le système d’arrivée des vaccins dans un aéroport avec exactement le même système dans un autre aéroport, que ce soit en terme de camions mis en disposition, la possibilité de décharger dans les mêmes délais, les contrôles de la douane, les services de sécurité, l’escorte,… dans un aéroport de BackUp ».

« Tous les arrivages que vous avez vu, il y avait derrière un aéroport de backup avec exactement les mêmes process et mécanismes et le même déploiement des ressources et des moyens », confie-t-il révélant l’ampleur du dispositif déployé.

Selon lui, trois maîtres mots définissent l’écosystème en place.

L’anticipation et les simulations ont permis au Maroc d’être prêt

Le premier maître mot est l’anticipation. « Très vite avant même qu’on ne sache quelles sont les quantités dont disposera le Maroc, sous quelles formes, sous quels packagings, de quels pays, sous quelle température, il y a eu des prises de décisions majeures et concertées qui ont concerné les différents scenarii possibles », explique-t-il.

« L’Etat marocain a mis en place les mécanismes pour faire face à tous les scénarios possibles et pouvoir répondre à n’importe quelle situation ».

Parmi les confidence du directeur général de la SNTL, il explique que « la première simulation qui a été demandée aux équipes, qu’est-ce qu’on fait pour la réception et la distribution de vaccins si nous n’avons pas de frigos ? Nous avons dit qu’on allait immobiliser 12 camions avec des caisses frigorifiques, un camion par région, nous allions enlever les caisses des tracteurs et les brancher avec l’électricité et cette caisse devient le frigo ».

« Après nous sommes allés été des simulations basées sur la mobilisation de conteneurs frigorifiques. Nous avons réalisé toutes les simulations possibles et imaginables. L’exercice était intéressant car nous étions en anticipation. Personne ne savait, à ce moment-là, quelles allaient être les conditions de sortie d’usine. Cet exercice est intellectuellement intéressant et a démontré la volonté des structures de réussir le projet et de ne pas passer à côté de quelque chose qui allait venir et qu’on ne saurait pas gérer ».

Agilité des structures et digitalisation du processus

Le deuxième maître mot c’est l’agilité. « Je pense que c’est (l’écosystème mis en place, ndlr) un exemple où on voit toutes les structures étatiques ou privées avec différents ministères et différentes entités, qui ont réussi à mettre en place une agilité de leurs structures », avance Aziz Alami.

« Chaque structure s’est imposée une réponse adaptée avec une facilité d’action et une réactivité extraordinaire ».

Le troisième maître mot est la digitalisation. « Depuis le départ, il était question de tracer de bout en bout toute la chaîne d’approvisionnement avec tous les contrôles nécessaires ».

« La distribution, aussi, ne pouvait se faire que par rapport à une commande. Le Maroc a opté pour la prise de rendez-vous. C’est le dispositif 1717, qui a vraiment fait fonctionner toute la chaîne logistique. »

« Avec cette prise de rendez-vous, le Marocain a adhéré sans aucune réticence au dispositif parce que l’application était simple d’utilisation. C’est cette adhésion qui a généré en amont les remontées de besoins, … »

« Il faut le souligner que les acteurs nationaux (public/privé) ont été capables  de trouver des solutions nationales adaptées. Nous ne sommes pas allés chercher des professionnels internationaux.

Les principaux défis relevés

Aziz Alami a également présenté les principaux défis que devait relever l’opération logistique de la campagne.

Il y a d’abord, la maîtrise des délais. « Dès le départ, on savait qu’il y avait un problème de température dirigée. Qu’une fois sortie d’usine, il y avait un délai pour pouvoir recevoir des vaccins valides et qu’il fallait maîtriser ces délais ».

« La prouesse au niveau des arrivages de vaccin : il se passe moins de 45 minutes entre le moment de l’atterrissage de l’avion et la sortie du premier camion de l’aéroport quelle que soit la quantité qui arrive ».

« On ne dépasse jamais 2h30 de durée dans toute l’opération réception aéroport, transport, livraison et stockage au sein de la plateforme ».

« La maîtrise des délais est importante car il y a une problématique de la chaîne de froid à respecter », insiste le DG de la SNTL.

La répartition équitable entre régions était aussi un défi. « Le Maroc a choisi une répartition équitable par tranche d’âge, par région. Dés les arrivées, il fallait assurer une distribution maîtrisée qui table sur l’ensemble du territoire. Il y a plus de 3.000 points de vaccination en plus des postes mobiles de vaccination ».

« Cela été structuré en trois niveaux : un dépôt central à Casablanca, une livraison vers les dépôts provinciaux et régionaux, et puis à partir de ces dépôts vers les centres de vaccination. Cette chaîne est maîtrisée de bout en bout par les équipements frigorifiques nécessaires, avec une chaîne de transport qui varie en importance ».

Le plus le plus important étant le respect de la chaîne de froid. A ce niveau, Aziz Alami explique que « le Maroc s’est imposé des exigences qui vont au-delà de ce qui était demandé ».

« Le vaccin vient en caisses isothermes donc on pouvait les transporter dans des camions normaux, mais on s’est imposé de faire tous les transports en camions frigorifiques. On a ajouté à ces camions, en plus des Thermo King existants, des capteurs de suivi de froid supplémentaires qui viennent contrôler l’évolution de la température le long de tous les trajets ».

« A l’arrivée, quelle que soit la destination, il y a un double contrôle. Il y a d’un côté le contrôle tracé du Thermo King, qui est joint aux documents et derrière il y a traçabilité du matériel supplémentaire qui a été implémenté aux moyens de transport pour permettre de valider les résultats des Thermo King », explique Aziz Alami.

Sur la question du stockage, le conférencier explique que les vaccins sont stockés par type dans des cellules dédiées. « On a prévu dés le départ, la possibilité d’augmenter le stockage de 50% si nécessaire et sur tout le circuit », précise-t-il.

Il y a aussi un défi de sécurité des vaccins.

Sur ce volet, le DG de la SNRL apporte des précisions. « Le débarquement des vaccins se fait dans zones dédiées au niveau des aéroports. Tous les transports sont escortés. Le Maroc ne lésine pas que les moyens à ce niveau ».

Par ailleurs,  « les transporteurs ont pris des dispositions – chacun selon ses moyens- pour que le vaccin transporté soit assuré. Lorsque nous transportons le vaccin, nous avons une assurance à 25 millions de DH par camion et par événement ». 

Vient par la suite, l’opération de distribution. « La commande étant centralisée, on sait quelle quantité va partir à quelle région et à quel centre. Il y a une traçabilité totale avec un triple contrôle de la part du ministère de la santé, du ministère de l’intérieur et des services de sécurité ».

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