Voici les grandes lignes de la future réforme de la santé

Le nouveau chef du gouvernement a présenté, ce lundi 11 octobre, devant les deux chambres du Parlement, un programme ambitieux pour le secteur de la santé. Voici les principaux chantiers identifiés.

Voici les grandes lignes de la future réforme de la santé

Le 14 octobre 2021 à 19h30

Modifié 14 octobre 2021 à 19h30

Le nouveau chef du gouvernement a présenté, ce lundi 11 octobre, devant les deux chambres du Parlement, un programme ambitieux pour le secteur de la santé. Voici les principaux chantiers identifiés.

Afin d’améliorer le service national de santé, le gouvernement de Aziz Akhannouch a identifié quatre chantiers, dont le principal reste l‘augmentation du budget de la santé publique sur les cinq prochaines années, sans donner d’indications chiffrées.

Une mesure qui permettra notamment d’améliorer les conditions de travail des professionnels du secteur, d’améliorer les équipements des structures publiques ainsi que leur attractivité, de développer la télémédecine, et d’améliorer la gestion des crises et des urgences sanitaires.

Amélioration des conditions de travail des professionnels de santé

Le Maroc dispose actuellement de 1,65 professionnel de santé pour 1.000 habitants, alors que le minimum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de 2,3 soignants (médecins, infirmiers et sages-femmes) pour 1.000 habitants, afin de couvrir les besoins primaires en termes de soins de santé d’une population donnée.

Le Royaume souffre également d’un déficit de professionnels de santé, qui s’explique par plusieurs facteurs : le non-remplacement des médecins retraités, la fuite d’un grand nombre de médecins à l’étranger, le manque d’attractivité des concours de recrutement dans le secteur public, et la non-atteinte de l’objectif de formation annuelle de 3.300 médecins en 2020.

Pour remédier à ces problèmes, le nouveau gouvernement s’engage à :

– améliorer les conditions de travail des professionnels de santé, en commençant par entamer un dialogue avec les syndicats les plus représentatifs du secteur ;

– augmenter les effectifs sanitaires, en renforçant la formation au niveau des facultés de médecine, en poursuivant les chantiers actuels des CHU à Tanger, Agadir et Rabat, et en créant un CHU supplémentaire, dont la localisation n’a pas été révélée ;

mettre fin aux affectations de longue durée des spécialistes contractuels, qui finissent généralement par délaisser la fonction publique et fuir à l’étranger. Pour ce faire, le gouvernement s’engage à mettre en place un système de rotation régional, avec l’obligation de travailler durant une période déterminée dans des zones éloignées. Le travail des médecins sera ainsi évalué, dans un premier temps, sur la base des types et nombre d’interventions effectuées dans ces régions, et pas seulement sur le temps de présence. Pour accompagner ce système de rotation, les directions régionales du ministère de la Santé devront fournir les outils et le matériel nécessaires aux soins dans tous les établissements ;

–  attribuer une bourse aux médecins travaillant dans les zones reculées, en collaboration avec les conseils territoriaux. Sa valeur sera fixée sur la base de la distance entre le lieu d’affectation et la ville la plus proche de celui-ci, l’objectif étant d’améliorer les soins de proximité ;

mettre fin à la mauvaise distribution géographique des médecins et aux affectations aléatoires en vigueur actuellement, en mettant en place un système de préférence d’accès aux facultés de médecine, au profit des lauréats du baccalauréat méritants, originaires des provinces qui ne disposent pas de facultés de médecine ni de CHU. Une bourse leur sera également versée, à condition qu’ils s’engagent à travailler durant une durée déterminée dans leurs régions natales, après l’obtention de leurs diplômes.

Amélioration des équipements des établissements de santé publique

Sur ce volet, le gouvernement s’engage à :

améliorer la capacité litière des hôpitaux au Maroc, ainsi que de leurs équipements (appareils de dialyse, scanner, IRM, et autres) ;

– gérer correctement les investissements ;

– mettre à la disposition de chaque région, en coordination avec les conseils régionaux et provinciaux, un nombre suffisant d’ambulances équipées et d’ambulanciers, afin de garantir une meilleure interaction entre les hôpitaux et les services d’urgence.

L’hôpital public doit attirer ses propres ressources financières

L’hôpital public absorbe tous les patients du système Ramed qui repose sur la gratuité, ce qui a accentué son déficit budgétaire et baissé son attractivité. Le manque de financement implique un mauvais service, des équipements non renouvelés et l’absence de mesures incitatives pour les professionnels de santé. La détérioration des hôpitaux publics fait fuir les citoyens disposant d’une couverture sociale vers le privé.

Le nouveau gouvernement vise ainsi à :

– faire de l’hôpital public une structure indépendante en termes de gestion ;

– rendre l’hôpital public attractif ;

– obliger les responsables à délivrer des rapports évaluant l’efficacité de gestion des hôpitaux publics.

Ces mesures permettront de réconcilier le citoyen marocain avec la santé publique et de renforcer le rendement des hôpitaux et des CHU, ce qui encouragera le gouvernement à développer un partenariat public-privé, notamment pour les services de propreté, sécurité et de gardiennage…

Développer la télémédecine

La fragilité du secteur de la santé est notamment due au déficit en ressources humaines et à leur mauvaise distribution géographique, en particulier dans le milieu rural.

Pour rapprocher le service du citoyen et garantir l’égalité d’accès aux soins, le nouveau gouvernement aspire à développer la télémédecine, en équipant les différentes structures de soins (hôpitaux, centres de soins, cabinets) des outils électroniques nécessaires, afin de permettre aux médecins d’effectuer des diagnostics à distance, de suivre leurs patients et de prescrire des médicaments en cas de besoin.

Enfin, Akhannouch s’engage à mettre en place une stratégie de gestion de crises et d’urgences médicales, en renforçant les fonctions nécessaires au sein du ministère de la Santé, et en veillant à fournir à ce dernier suffisamment de médicaments, équipements et outils de diagnostic.

Trois autres grands chantiers

Outre l’augmentation du budget du secteur de la santé, trois autres chantiers ont été identifiés par le nouveau chef du gouvernement :

La généralisation progressive de la médecine de famille, afin de mieux gérer les ressources humaines et d’éviter l’engorgement des services d’urgence.

Le Maroc dispose actuellement de 26 médecins pour 100.000 habitants. Le gouvernement prévoit de renforcer le réseau de soins primaires pour permettre à chaque médecin de s’occuper de 300 à 400 familles.

Pour ce faire, le passage par les centres médicaux de proximité (sur rendez-vous) pour consultation sera obligatoire, avant que le médecin et son infirmière ne dirigent le patient vers un hôpital provincial ou au CHU, en cas de besoin.

Le gouvernement va également réviser la carte de santé au Maroc, renforcer le réseau des hôpitaux spécialisés au niveau des régions, au lieu des hôpitaux généraux actuels.

Le renforcement et l’élargissement de la prévention. Le gouvernement aspire à baisser la mortalité infantile à 50 décès par 100.000 nouveau-nés. Pour y parvenir, Akhannouch a décidé de :

  • garantir des consultations prénatales et la vaccination gratuites pour les nouveau-nés ;
  • obliger les femmes enceintes à effectuer des contrôles gratuits aux 3e, 6e et 9e mois de grossesse ;
  • inciter les femmes à vacciner les nouveau-nés (BCG et autres vaccins recommandés à la naissance), en mettant en place un système de SMS de rappel des rendez-vous de consultation ;
  • introduire le diagnostic de surdité à la naissance, ainsi que les opérations de mise en place d’implants cochléaires dans la protection sociale de base ;
  • introduire le diagnostic de malvoyance dans la protection sociale de base, à raison de deux consultations médicales, l’une avant la fin de première année du nouveau-né, et l’autre avant la fin de la 3e.

L’amélioration des conditions d’accueil des malades et la facilitation de l’accès aux soins. En parallèle avec la généralisation de la protection sociale, le gouvernement s’engage à digitaliser le service de santé et à créer, à l’horizon 2024, la carte électronique « Riaya » qui permet de réduire les dépenses directes des patients en services de santé.

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