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Économie de l’arganier : l’État veut moderniser les plantations forestières

L'arganier regorge de potentialités que différents programmes tentent de concrétiser. Le dernier projet en date est celui de la mise en place de plantations modernes et structurées. Le point sur une économie à fort potentiel qui gagnerait à être mieux exploitée.

Économie de l’arganier : l’État veut moderniser les plantations forestières

Le 6 décembre 2021 à 14h05

Modifié 6 décembre 2021 à 15h58

L'arganier regorge de potentialités que différents programmes tentent de concrétiser. Le dernier projet en date est celui de la mise en place de plantations modernes et structurées. Le point sur une économie à fort potentiel qui gagnerait à être mieux exploitée.

Le programme de réhabilitation de l’arganier avance à grands pas. Depuis son véritable lancement en 2013, pas moins de 165.000 ha ont été réhabilités sur les 200.000 ciblés à l’horizon 2020. D’où une montée en puissance des objectifs à l’échéance 2030. D’ici là, les services en charge de cette espèce forestière, quasi exclusive au Maroc, tablent sur une superficie totale de 400.000 ha, soit près de la moitié des plantations existantes.

Un projet qui insuffle une dynamique socioprofessionnelle

Mais la nouveauté tient au renforcement des plantations modernes et structurées, au regard de l’énorme potentiel que recèle l’arganier en termes de valorisation, de création de richesses et d’emplois. Déployé sur six ans (2017-2022), ce projet phare atteint actuellement un taux de réalisation de 67%.

Il cible la plantation de 10.000 ha avec des espèces adaptées issues de la recherche agronomique, selon une densité économiquement rentable. On quitte ainsi le domaine forestier pour s’inscrire dans l’industrialisation du patrimoine. Car l’objectif final est d’attirer des investisseurs potentiels, notamment dans la valorisation de l’huile d’argan et de ses produits dérivés. En effet, l’essentiel du chiffre d’affaires généré dans ce domaine profite à l’extérieur. En particulier pour ce qui est des produits élaborés, tels les cosmétiques.

D’un coût total de 452 MDH, ce projet est cofinancé par le Fonds vert pour le Climat avec un don de 361 MDH. L’État marocain y participe à hauteur de 91 MDH.

Le projet couvre trois régions – Marrakech-Safi, Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun – et cible 26.500 bénéficiaires (dont 25% sont des femmes), via la plantation de 10.000 ha de vergers d’arganier et 2.000 ha de plantes aromatiques et médicinales.

Selon l’Agence de développement agricole (ADA), « depuis le démarrage du projet, une forte dynamique socioprofessionnelle a été créée dans toute sa zone ». Il s’agit de la formalisation de 36 projets couvrant 10.560 ha d’arganier, avec un investissement d’environ 288 millions DH au profit de 5.800 bénéficiaires, est-il détaillé. Il en est de même du lancement de 73 ouvrages de collecte des eaux pluviales.

Un fort potentiel à mieux exploiter

En dehors de ce premier projet de plantations modernes, le Maroc dispose d’une superficie globale de l’ordre de 830.000 ha d’arganier répartis entre trois régions : Marrakech-Safi, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun. Avec un effectif total de plus de 65 millions d’arbres, la densité moyenne de l’arganier est d’environ 80 pieds/ha mais reste très variable : entre 30 pieds/ha au niveau de Guelmim et Sidi Ifni, et 160 pieds/ha dans les zones environnantes d’Essaouira.

« La production globale d’argan est encore très mal connue en raison des fortes variabilités interannuelles liées aux conditions climatiques, au niveau de dégradation de chaque périmètre et des densités de plantation », relève l’ADA.

D’une manière générale, le rendement en fruit d’argan à l’hectare varie selon l’arbre (âge et grosseur), la densité du peuplement, le milieu (climat et sol) et la pluviométrie de l’année. Le rendement moyen est estimé à environ 500 kg/ha/an.

Au total, la production en fruits frais est estimée à près de 360.500 tonnes par an. Ce qui dégage un volume d’huile d’argan de l’ordre de 4.000 à 5.000 tonnes, soit un peu plus de 1,1% (chiffres de 2020).

L’export porte sur 1.380 tonnes pour une valeur de 280 millions de DH, toujours selon l’ADA.

En moyenne, 82% des fruits collectés par les ayants droit sont dépulpés et concassés localement dans des ateliers familiaux ou des coopératives artisanales. Les 18% restants sont vendus en l’état aux intermédiaires, aux coopératives et aux sociétés, qu’ils confient à des ateliers féminins pour le concassage et le dépulpage.

Sur les 82% de fruits concassés, 30% à 40% sont extraits pour l’autoconsommation, 10% pour la vente directe par les ayants droit et 50% rejoignent la sous-filière industrielle en l’état (vente d’amendons aux collecteurs, aux coopératives et aux sociétés).

Un produit insuffisamment valorisé au Maroc

Seul bémol : une véritable valorisation du produit fait encore défaut. Tout ce qui est produit élaboré, donc à forte valeur ajoutée, relève d’entreprises implantées en dehors du Maroc. De ce fait, l’enjeu actuel tient à la valorisation sur place d’une partie de la production. C’est donc là où devraient s’investir les agrégateurs potentiels.

C’est aussi l’un des objectifs visés par le nouveau contrat-programme 2020-2030 signé avec la Fédération interprofessionnelle de la filière de l’arganier. Parmi les objectifs arrêtés pour l’horizon 2030 figure l’augmentation de la production d’huile d’argan à 10.000 tonnes, dont la moitié sera exportée en conditionné. S’ajoute la labellisation IGP (Indication géographique protégée) de 500 tonnes d’huile d’argan.

Aujourd’hui, la filière de l’arganier compte plus de 500 groupements fédérant 10.000 femmes.

Au-delà, l’arganier est considéré comme étant un élément phare des produits du terroirs auxquels il est accordé un intérêt particulier. En effet, en matière d’exportation, les produits du terroir connaissent une croissance soutenue. En tête, l’huile d’argan et dérivés y représentent 90%.

De manière générale, la gamme des produits du terroir recèle des potentialités réelles en matière d’écosystèmes propices, de biodiversité variée et de savoir-faire. Une liste de plus 200 produits du terroir a été identifiée dans le cadre des études régionales.

Pour mieux positionner ces produits, une stratégie marketing favorisant l’organisation et l’accès aux marchés a été déployée depuis le lancement du plan Maroc vert.

Des conventions de partenariat ont été signées avec les grandes et moyennes surfaces (GMS) pour l’introduction des produits du terroir, leur commercialisation et leur référencement. Des actions ont été mises en œuvre au profit de 45 groupements, 90 coopératives et 3.585 adhérents :

  • la création de 18 sites de vente en ligne au profit de 18 groupements (77 coopératives et 10 filières) ;
  • la signature d’une convention de partenariat avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité en vue de commercialiser les produits du terroir au niveau du Marché solidaire Oasis de Casablanca. Cela a permis le référencement de 184 groupements et 264 coopératives au niveau de ce marché ;
  • l’aménagement ou la construction de 193 unités de valorisation, l’équipement de 484 unités et l’amélioration des conditionnements et packagings de plus de 590 groupements ;
  • la mise à niveau de 180 groupements et 600 coopératives, le tout profitant à 20.688 bénéficiaires.

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