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Alternative à la faiblesse de pluviométrie, le semis direct des céréales gagne du terrain

Pour l’actuelle campagne, pas moins de 50.000 ha de céréales sont programmés. La moitié, soit 25.000 ha, sera réalisée grâce à l’accompagnement technique et financier du groupe OCP, dans le cadre de son programme Al Moutmir.

Alternative à la faiblesse de pluviométrie, le semis direct des céréales gagne du terrain

Le 7 décembre 2021 à 12h35

Modifié 7 décembre 2021 à 19h23

Pour l’actuelle campagne, pas moins de 50.000 ha de céréales sont programmés. La moitié, soit 25.000 ha, sera réalisée grâce à l’accompagnement technique et financier du groupe OCP, dans le cadre de son programme Al Moutmir.

25.000 ha en semis direct de céréales sont prévus dans le cadre du programme Al Moutmir. Le reste est conduit par les services du ministère de l’Agriculture. Le tout, dans six régions : Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Beni Mellal-Khénifra.

Le Maroc étant de plus en plus confronté au déficit hydrique, la technique du semis direct a l’avantage de répondre aux contraintes de l’aléa climatique, car elle permet la conservation dans le sol à la fois de l’humidité et des micro-organismes qui participent à la fertilité. Et selon nos informations, de nombreux agriculteurs des régions ciblées n’ont pas attendu l’avènement de fortes pluies pour procéder aux semailles. Surtout ceux qui ont été accompagnés par l’OCP sur les deux dernières campagnes. Et pour cause ! Le gain en termes de rendement et de réduction des coûts qui en résulte est appréciable.

Selon des ingénieurs agronomes de l’OCP, « la technologie permet l’augmentation du rendement des céréales de 30% en moyenne, alors que la réduction des coûts d’installation des cultures atteint 60% (travaux des sols) et 30% (économie de semences) ». C’est ce qui explique le déploiement et le renforcement, à partir de cette campagne, d’une série de mesures d’encouragement. En particulier :

– une subvention couvrant jusqu’à 50% du prix d’achat du semoir ;

– le renforcement des actions de conseil agricole à travers les plateformes de démonstration, les écoles aux champs, la formation des conseillers et des agriculteurs ;

– l’encouragement et l’accompagnement à la création de sociétés de prestation de service ;

– la poursuite du programme de recherche et développement à travers, notamment, la mise en place de plateformes d’innovation et la réalisation de cartes de viabilité du sol au semis direct ;

– la création d’une entité dédiée au niveau du Centre international du conseil agricole (CICA) pour accompagner les jeunes entreprises agricoles.

Pour le ministère de l’Agriculture, il s’agit d’atteindre un million d’hectares en semis direct d’ici 2030, soit près du quart de la moyenne des superficies céréalières sur les cinq dernières années.

Côté OCP, le programme arrêté au titre de l’actuelle campagne, qui porte sur 25.000 ha, est déjà lancé. Il s’agit d’une approche participative fédérant plusieurs acteurs : associations et coopératives, experts scientifiques, experts de l’agriculture de conservation, industriels… Les semoirs ont été mis à la disposition des coopératives qui se sont chargées de déployer le programme, selon un cahier des charges établi en coordination avec les ingénieurs agronomes OCP Al Moutmir. Vu l’impact positif de la dynamique, un certain engouement pour la technique a été relevé durant cette campagne.

Au terme des deux dernières saisons, l’actif d’OCP s’élève à 28.500 hectares couverts par le semis direct.

Pour rappel, le programme a été lancé en octobre 2019, en partenariat avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), ainsi qu’en association avec plusieurs groupements professionnels agricoles.

Pilier de l’agriculture de conservation, le système semis direct consiste à éviter le retournement du sol via l’utilisation de semoirs adaptés. La technique permet également de diversifier les cultures, à travers l’adoption de rotations adaptées aux contextes agro-climatiques et socioéconomiques. Elle permet enfin la conservation des résidus des cultures pratiquées auparavant.

 Sauvegarde de l’environnement et gains substantiels

Contrairement au système de labour conventionnel propice à l’émission du carbone du sol, le semis direct permet de lutter contre le réchauffement climatique en atténuant les émissions de gaz à effet de serre. Avec en tête, la réduction de consommation du carburant. En effet, il n’y a plus besoin de plusieurs passages d’engins agricoles pour effectuer les travaux de labour, de préparation des lits de semis, d’épandage d’engrais et de semences. Un seul passage suffit, au lieu de trois à cinq généralement.

D’autre part, la séquestration du carbone que permet le semis direct va aussi atténuer les émissions de gaz à effet de serre. De fait, la pratique continue du semis direct permet un stockage supplémentaire du carbone dans le sol de 0,15 tonne/ha/an en moyenne, par rapport aux autres méthodes de travail du sol.

« Ainsi, avec un cumul de plus de 29.000 ha réalisés en semis direct durant les deux campagnes 2019-2020 et 2020-2021, les agriculteurs adhérant au programme Al Moutmir de semis direct auront contribué en principe à une séquestration de plus de 4.350 tonnes supplémentaires de carbone, sachant que la séquestration est plus importante lors des premières années d’adoption du système », se félicitent les agronomes de l’OCP.

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