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Agriculture/Doukkala : l’avancement des emblavements confronté au retard des pluies

ROUND UP. La campagne agricole démarre cahin-caha dans les Doukkala, grenier du Maroc. Le cumul pluviométrique présente un important déficit, les barrages sont au plus bas, mais les superficies emblavées sont élevées et la saison commence avec volontarisme.

Opération de lancement du programme national de semis direct. Ph. MAP

Agriculture/Doukkala : l’avancement des emblavements confronté au retard des pluies

Le 11 décembre 2021 à 11h34

Modifié 13 décembre 2021 à 8h49

ROUND UP. La campagne agricole démarre cahin-caha dans les Doukkala, grenier du Maroc. Le cumul pluviométrique présente un important déficit, les barrages sont au plus bas, mais les superficies emblavées sont élevées et la saison commence avec volontarisme.

Bien que la situation pluviométrique soit largement déficitaire, la zone d’action de l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala (Ormvad) enregistre des avancées notables en termes d’emblavement. Mais le retard des pluies qui persiste, combiné au recul de la réserve des barrages, impacte d’ores et déjà le rythme des travaux du sol et l’état des parcours.

Au 6 décembre dernier, le cumul pluviométrique s’est établi à 27,5 mm contre 83,1 mm à la même date de la campagne 2020-2021, soit un recul de 67%, relève l’Office.

Les barrages à leur plus bas niveau

La situation des retenues des barrages dominant la zone de l’Ormvad est aussi au plus bas niveau. Le taux de remplissage du grand barrage Al Massira s’élevait au 6 décembre à près de 8% contre 12,1% à la même date de 2020. Celui de Hansali affichait également un taux de 11,5% au lieu de 13,1%.

Au total, la réserve des deux barrages s’établissait à 285,5 millions de mètres cubes pour une retenue théorique totale de 3,32 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 8,6%.

Résultat, aucune culture ne sera entreprise cette année dans le périmètre irrigué à partir des eaux des barrages. Tout au plus le recours à la nappe phréatique est-il admis pour certaines cultures exigeantes en eau telles les plantes sucrières, le maraîchage et les fourrages.

Le barrage Al Massira, le deuxième plus grand du Maroc, est à son plus bas niveau historique

En dépit de cette situation de stress hydrique, les agriculteurs n’ont pas lésiné sur les efforts, constatent les services du ministère de l’Agriculture. Sur un total de 305.000 ha de superficie programmée, pas moins de 183.000 ha ont été emblavés à la première décade du mois de décembre, soit un état d’avancement de 60%. Céréales, fourrages et maraîchage enregistrent ainsi des avancées variant entre 50% et 65%.

A titre d’exemple, les semailles des céréales ont porté jusqu’à présent sur 57.000 ha pour le blé tendre par rapport au programme qui cible 96.800 ha. Pour le blé dur, 46.700 ha ont été semés sur une prévision de 81.200 ha.

De même, pas moins de 62.400 ha d’orge ont été emblavés pour une superficie cible de 75.000 ha. Cette grande avancée s’explique par la spécificité précoce de cette céréale mais aussi par sa rentabilité économique. Le prix du quintal de l’orge est habituellement négocié entre 350 et 400 DH/ql.

Engouement pour la betterave à sucre

Mais la grande percée est réalisée par la betterave à sucre.

La totalité des 10.000 ha programmés a été emblavée et quelque peu dépassée. Vu l’engouement des agriculteurs pour cette culture rentable, l’Office est en train de négocier des superficies supplémentaires auprès des Directions de la production agricole.

Il est à signaler que ce programme représente la moitié de celui de 2019. De fait, la réduction des surfaces dédiées aux cultures sucrières a été opérée dans toutes les régions qui accusent des déficits hydriques accentués.

Engrais, semences sélectionnées

Par ailleurs, les intrants n’ont pas fait défaut par rapport à la demande. Même si un léger décalage a été relevé en comparaison avec l’objectif commercial, les prix de cession aux agriculteurs sont restés stables. A titre d’exemple, le total net disponible dans les points de vente des semences s’est situé à un peu plus de 118.000 quintaux alors que l’objectif commercial porte sur 183.000 quintaux.

Il faut noter toutefois que le recours aux semences sélectionnées se généralise avec bien évidemment l’aide de l’État. Ce qui explique forcément la stabilité des prix. En revanche, des écarts de prix, parfois du simple au double sont relevés pour ce qui est des engrais.

La Société nationale de commercialisation des semences (Sonacos), qui a aussi la charge de distribuer les engrais à prix bonifiés, ne propose que deux formules (NPK 6-30-20 et NPK10-20-20) au même prix de 320 DH/quintal.

Pour ce qui des points de vente du privé, la gamme d’engrais est diversifiée mais les prix sont aussi salés, en particulier pour ce qui est des fertilisants azotés, qui sont importés.

C’est le cas de l’Urée 46% dont le prix varie cette campagne entre 750 et 900 DH/ql. Celui de l’Ammonitrate 33,5% s’élève à 700 DH et le sulfate d’ammoniaque 21% est vendu entre 350 et 400 DH/ql.

Déficit hydrique pour la deuxième année consécutive

Il faut dire que la zone des Doukkala enregistre un déficit hydrique pour la 2e année consécutive. Ce qui a affecté la production du lait et  des viandes rouges.

Sur la période septembre-octobre 2021, le volume de lait collecté par les usines de traitement s’est effondré de 22% par rapport à la même période de 2020, soit 25 millions de litres contre 32 millions.

Parallèlement, la production des viandes rouges s’est stabilisée à 4.700 tonnes sur les deux mois dont l’essentiel (3.800 tonnes) provient des bovins. Les ovins et caprins y participent également par près d’un millier de tonnes.

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