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2 milliards de DH pour un programme d’urgence d’approvisionnement en eau potable

ROUND UP. Les faibles taux de remplissage des barrages au niveau des bassins de Moulouya, Oum Errabiâ et Tensift menacent l’approvisionnement en eau potable des villes qui en dépendent. En cause, le retard des projets de construction de barrages et de stations de dessalement de l’eau de mer. Un programme d’urgence a été mis en place.

Medias24
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2 milliards de DH pour un programme d’urgence d’approvisionnement en eau potable

Le 15 janvier 2022 à 9h41

Modifié 15 janvier 2022 à 10h38

ROUND UP. Les faibles taux de remplissage des barrages au niveau des bassins de Moulouya, Oum Errabiâ et Tensift menacent l’approvisionnement en eau potable des villes qui en dépendent. En cause, le retard des projets de construction de barrages et de stations de dessalement de l’eau de mer. Un programme d’urgence a été mis en place.

Un programme d’urgence de 2 milliards de dirhams pour l’approvisionnement en eau potable a été lancé par le ministère de l’Équipement et de l’eau, en prévision des faibles niveaux de remplissage des barrages des trois bassins de Moulouya, Tensift et Oum Errabiâ.

En effet, selon le ministère, le volume d’eau stockée au niveau de l’ensemble des barrages jusqu’au 4 janvier 2022 est de 5,5 milliards de mètres cubes, l’équivalent de 34,2% du taux de remplissage, contre 37,1% à la même date de l’année 2021 (voir notre tableau de bord des barrages ci-dessus). Les 25 et 26  décembre, les retenues des barrages étaient à leur plus bas niveau historique (34,10%). Ce vendredi 14 janvier, elles étaient de nouveau à 34,10%.

Ce volume global permettra d’approvisionner en eau potable la plupart des grandes villes, sauf celles qui s’alimentent depuis ces trois bassins (Moulouya, Tensift et Oum Errabiâ) et qui, par conséquent, risquent de manquer d’eau. Au Moulouya, le taux moyen de remplissage est de 13,08% ; à Oum Errabiâ, il est de 10,8% ; à Tensift, il est de 34,4%.

Pour éviter des pénuries d’eau dans ces villes, un programme d’urgence a été élaboré en attendant la réalisation des projets structurels inscrits dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027.

Des mesures d’urgence pour éviter le pire

Des décisions d’ordre organisationnel ont été prises, comme l’activation des commissions de veille au niveau des zones concernées, afin de programmer des mesures pour limiter les pertes d’eau et suivre l’application du programme.

D’autres mesures visent à améliorer l’offre, notamment à travers :

– l’exploration de nouvelles ressources en eaux souterraines et l’équipement des puits creusés ;

– l’utilisation des eaux réservées à l’agriculture dans l’approvisionnement en eau potable ;

– la mise en place de barges flottantes pour exploiter les parties inférieures de l’eau des barrages ;

– l’accélération de la réalisation du projet de station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca ;

– la réalisation de 120 petits barrages et retenues collinaires entre 2021 et 2023, comme proposé par le ministère de l’Intérieur.

D’autres mesures visent à réguler la demande à travers la prévention contre les opérations de prise d’eau non autorisée des rivières et des canaux à usages multiples, ou encore la détection des fuites au niveau des différents réseaux de distribution d’eau potable.

Des retards dans la réalisation des projets de la stratégie nationale de l’eau

La stratégie nationale de l’eau présentée en 2009 prévoyait la construction de 57 grands barrages à l’horizon 2030. Or, jusqu’à fin 2021, seulement 9 ont été réalisés et 15 sont en cours de réalisation.

Concernant les stations de dessalement de l’eau de mer, le volume prévu au départ était de 400 millions de mètres cubes par an. Cependant, le volume total de production des stations réalisées à Laâyoune, Boujdour, Akhfenir, Al Hoceima et Agadir, y compris celles de l’eau industrielle de l’OCP à Jorf Lasfar et Laâyoune, n’est que de 147 millions de mètres cubes par an.

Les stations en cours de réalisation à Terfaya, Sidi Ifni, Laâyoune, ainsi que celles de l’eau industrielle de l’OCP à Jorf Lasfar et Laâyoune, auront une capacité de production totale de 49 millions de mètres cubes par an.

D’autres stations sont en cours de démarrage, comme celle de Dakhla où le partenaire privé a déjà été choisi, et celles du Grand Casablanca, de Settat, Berrechid et El Jadida, dont les appels à manifestation d’intérêt pour des partenariats public-privé seront bientôt lancés. Les stations de dessalement de Safi et de l’Oriental (Nador-Saïdia) sont, elles, en cours d’étude.

Ces retards font courir un risque sur quelques villes où la situation est préoccupante, comme dans le Grand Casablanca où un déficit en eau est prévu à l’horizon 2025. D’autres villes sont menacées, comme les villes du nord de l’Oriental, ainsi que Sidi Ifni, Boujdour et Laâyoune, où des extensions des stations étaient prévues.

Les projets d’alimentation des nappes phréatiques accusent également un retard. Au total, 34 contrats de gestion devaient être conclus afin de remplir cet objectif. À ce jour, seulement 3 le sont pour les nappes de Souss-Massa 1, Haouz Mejjat et Berrechid.

Quant aux projets de traitement des eaux usées, le volume prévu initialement dans le cadre de la stratégie nationale de l’eau était de 300 millions de mètres cubes par an. Ce qui a été réalisé n’atteint que 71 millions de mètres cubes par an.

Enfin, des projets réalisés de transfert des eaux des bassins du Nord, précisément le Loukkos et le Sebou, vers ceux du Sud, précisément Oum Errabiâ et Tensift, ont contribué à répondre aux besoins en eau potable de certaines villes côtières de l’Atlantique, ainsi que de Marrakech, et aux besoins en eau d’irrigation pour les régions de Doukkala, Béni Amir et Tassaout.

Les barrages à leur plus bas niveau historique

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