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Comment s’annonce l’année 2022 (webinaire de la Britcham)

ROUN UP. Selon des experts, les atouts et opportunités du Royaume laissent présager une reprise économique en 2022. Néanmoins, l’inflation mondiale, l’augmentation des taux d’intérêt et le coût de l’énergie sont les principales contraintes à prendre en compte cette année.

Comment s’annonce l’année 2022 (webinaire de la Britcham)

Le 15 janvier 2022 à 9h42

Modifié 15 janvier 2022 à 10h06

ROUN UP. Selon des experts, les atouts et opportunités du Royaume laissent présager une reprise économique en 2022. Néanmoins, l’inflation mondiale, l’augmentation des taux d’intérêt et le coût de l’énergie sont les principales contraintes à prendre en compte cette année.

La croissance économique marocaine va-t-elle poursuivre sa lancée ? Ou risque-t-elle au contraire un essoufflement en 2022 ? Pour certains experts, intervenant lors d’un webinaire organisé jeudi 13 janvier par la Chambre de commerce britannique pour le Maroc, l’année 2021 a été, sur le plan économique, « une bonne année », riche en « bonnes nouvelles pour notre tissu productif ». Cela dit, un « ralentissement » est à prévoir pour 2022, compte tenu de « l’essoufflement de l’effet rattrapage de 2021 ».

La crise sanitaire qui persiste ainsi que l’inflation au niveau mondial, qui inquiète, contribuent également à temporiser les attentes liées à la croissance économique en 2022.

2021 : « De bonnes nouvelles pour le tissu productif »

Pour Mehdi Tazi, vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la « croissance supérieure à 6% » réalisée en 2021, des niveaux d’exportation majoritairement en hausse par rapport à 2019 et des changements au niveau fiscal, prévus par la loi de Finances 2022, sont « de bonnes nouvelles pour notre tissu productif », pour qu’il puisse « profiter de la reprise ».

En passant de 258 MMDH en novembre 2019 à 293 MMDH en novembre 2021 en termes d’exportations, cela signifie, pour M. Tazi, que malgré la persistance de la crise sanitaire, la crise économique « est, pour un certain nombre de secteurs, probablement derrière nous ».

C’est le cas des exportations automobiles, qui sont passées de 71 MMDH en novembre 2019 à 75 MMDH en 2021. Idem pour les phosphates (de 45 MMDH à 69 MMDH durant la même période) ou encore l’agro-alimentaire (de 54 MMDH à 62 MMDH).

Par ailleurs, certains secteurs « souffrent encore mais dans des proportions limitées ». Il s’agit, selon M. Tazi, de l’aéronautique (de 14,5 MMDH en novembre 2019 à 13,8 MMDH en novembre 2011) et du textile et du cuir (de 34,5 MMDH en 2019 à 33,5 en 2021). Pour le représentant du patronat, ces chiffres traduisent une baisse, certes, mais qu’il juge loin d’être « dramatique ».

La baisse de l’IS pour les entreprises industrielles (de 28 à 26%), la promesse de rembourser, à l’horizon avril 2022, 13 MMDH d’arriérés de TVA, ou encore les mesures d’incitation à l’investissement du secteur privé, prises par le gouvernement, dont l’abattement de 70% sur les plus values de cessions d’actifs, sont des exemples positifs cités par M. Tazi.

Tout aussi positifs, les atouts dont dispose la plateforme industrielle marocaine, favorables aux investisseurs marocains ou étrangers. De la stabilité politique, économique et monétaire aux infrastructures, en passant par la position géographique et la qualité des ressources humaines… Ce sont autant d’acquis qui permettront de booster la compétitivité du Maroc en 2022, toujours selon M. Tazi.

Néanmoins, certains axes d’amélioration sont à prendre en compte. Il s’agit, selon lui, du coût de l’énergie, qu’il est nécessaire de revoir à la baisse pour « accueillir d’autres types de métiers, qui sont plus consommateurs d’énergie et sur lesquels nous pouvons nous positionner, comme c’est le cas de l’industrie du vert ».

« Je pense aussi au foncier, qui ne pose aucun problème dans certaines zones, mais dont la disponibilité est plus problématique au niveau de certaines plateformes industrielles à Casablanca par exemple », ajoute-t-il.

M. Tazi insiste, par ailleurs, sur l’inquiétude à avoir quant au « problème de l’inflation ». Bien que globale, Mehdi Tazi estime que l’inflation est « le seul sujet sur lequel on peut avoir des contraintes ».

Attention à l’inflation !

Idem pour Adil Chikhi, directeur corporate pour la région Sud et Est de la Méditerranée (SEMED) à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), intervenant également lors de ce webinaire, qui met en garde contre ce « facteur très important ».

Selon M. Chikhi, « l’inflation commence à apparaître dans plusieurs marchés, notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ce qui reflète le déséquilibre entre l’offre restreinte et la forte demande dans différentes économies ».

Autre prédiction : l’augmentation des taux d’intérêt en 2022. Selon M. Chikhi, ceci va « directement impacter les investissements des corporates ». Il estime qu’il faut s’attendre à une croissance « qui va se ralentir ».

Post-Covid et post-Brexit : des opportunités pour le Maroc

« Le sort de l’économie marocaine est directement lié au sort des économies mondiales. L’État et les opérateurs marocains doivent saisir l’occasion que présente cette période post-Covid pour avoir une meilleure souveraineté industrielle, en produisant davantage pour le marché marocain et étranger », poursuit M. Chikhi.

Ce dernier estime que la pandémie a eu, hormis son effet négatif, un impact « très positif » pour les entreprises marocaines.

« La période post-Covid a laissé place à des réflexions très approfondies sur les chaînes de valeur mondiales, leur diversification et leur résilience. » Il y a donc une réflexion mais aussi une volonté, au niveau international, pour « moins dépendre de la Chine. C’est là que le Maroc doit, grâce à son atout géographique, se positionner très rapidement », souligne M. Chikhi.

Dans ce sens, Adil Chikhi insiste sur les opportunités dont regorge le marché britannique post-Brexit. « C’est un marché nouveau pour les produits et les entreprises marocaines. »

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