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Le Covid existera toujours, mais la fin de la pandémie est proche (expert américain)

Après la vague Omicron, d’autres variants pourront être détectés, mais la fin de la pandémie est proche. Les impacts de la transmission d’une nouvelle souche sur la santé seront moins importants en raison d’une exposition antérieure au virus, de l’adaptation régulière des vaccins, et de l’avènement des antiviraux. L’ère des mesures de restriction pour contrôler le virus prendra ainsi fin.

Le Covid existera toujours, mais la fin de la pandémie est proche (expert américain)

Le 24 janvier 2022 à 14h19

Modifié 24 janvier 2022 à 14h19

Après la vague Omicron, d’autres variants pourront être détectés, mais la fin de la pandémie est proche. Les impacts de la transmission d’une nouvelle souche sur la santé seront moins importants en raison d’une exposition antérieure au virus, de l’adaptation régulière des vaccins, et de l’avènement des antiviraux. L’ère des mesures de restriction pour contrôler le virus prendra ainsi fin.

Ce sont les prévisions de Christopher Murray, directeur de l’Institute for Health Metrics and evaluation (IHME), basé à Seattle sous la houlette de l’Université de Washington, et financé notamment par la fondation Bill and Melinda Gates, publiées le 19 janvier par la revue de renom The Lancet.

Le directeur de l’institut de statistique sur la santé publique indique que le virus Covid continuera à se propager, mais que la fin de la pandémie est proche.

Plus de 50% de la population mondiale infectée par Omicron d’ici fin mars

« Le monde connaît une énorme vague d’infection par le variant Omicron. Les estimations de l’IHME suggèrent que, vers le 17 janvier 2022, il y avait 125 millions d’infections par Omicron par jour dans le monde, soit dix fois plus que le pic de la vague Delta en avril 2021″, a-t-il expliqué dans sa note.

« La vague Omicron a presque atteint tous les continents, à l’exception de quelques pays d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord, d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, où elle n’a pas encore démarré. »

« Le niveau d’infection sans précédent de ce variant suggère que plus de 50% de la population mondiale aura été infectée par Omicron entre fin novembre 2021 et fin mars 2022. »

Par ailleurs, « vu l’augmentation de la proportion des cas asymptomatiques ou bénins par rapport aux variants précédents, le taux de détection de l’infection a diminué, à l’échelle mondiale, de 20% à environ 5%. »

« Selon un essai clinique réalisé sur 230 personnes en Afrique du Sud, 71 (soit 31% de l’échantillon) étaient positives à la PCR et étaient atteintes du variant Omicron, mais sans aucun symptôme. »

Le renforcement des systèmes de santé devient prioritaire

Aux États-Unis, « en plus de la proportion beaucoup plus importante d’infections asymptomatiques, le rapport entre les cas positifs au Covid-19 et les hospitalisations a diminué d’environ 50% dans la plupart des États par rapport aux pics précédents » dus aux anciens variants. « La proportion des patients Covid-19 hospitalisés, nécessitant une intubation ou qui décèdent, a également diminué d’environ 80% à 90% au Canada et en Afrique du Sud. »

Des constats confirmés par les données épidémiologiques en Grèce, « qui laissent croire que les impacts de la vague Omicron seront limités. Du 21 décembre 2021 au 17 janvier 2022, les cas de Covid ont certes été multipliés par dix environ, mais les intubations au niveau des hôpitaux sont restées les mêmes qu’en décembre dernier ».

Tous ces arguments démontrent ainsi que, malgré sa forte propagation dans la majorité des pays du monde, Omicron reste moins virulent que les précédents variants.

Un autre point important a été évoqué par Christopher Murray : « Compte tenu de la prévalence de l’infection par le Sars-Cov-2, un grand nombre de professionnels de santé ont été testés positifs, et doivent de ce fait être mis en quarantaine, ce qui exerce une double pression sur les hôpitaux. »

« Les pays devront ainsi accorder la priorité au soutien de leurs systèmes de santé au cours des quatre à six prochaines semaines », notamment ceux où le variant Omicron n’a pas encore été détecté.

Un impact limité de la vaccination dans les pays déjà frappés par Omicron

Pour ce qui est des mesures barrières instaurées un peu partout dans le monde, le directeur de l’IHME souligne que « vu l’intensité de transmission de l’Omicron, l’augmentation de l’utilisation des masques, l’extension de la couverture vaccinale chez les personnes qui n’ont pas été vaccinées ou l’administration de la troisième dose durant les prochaines semaines auront un impact limité sur sa propagation » dans les pays où la vague bat son plein.

« Les estimations de l’Institut suggèrent que l’augmentation de l’utilisation des masques à 80% par la population, par exemple, ne réduira que de 10% les infections cumulées au cours des quatre prochains mois. »

« Il est également peu probable que l’accélération des rappels de vaccin Covid-19 (3e dose, NDLR) ou la vaccination des personnes qui n’ont pas encore été vaccinées aient un grand impact sur la vague Omicron, car au moment où la vaccination sera accélérée, ladite vague sera proche de la fin. »

« Ce n’est donc que dans les pays où la vague Omicron n’a pas encore commencé que la généralisation de l’utilisation des masques peut avoir un effet plus important. Ces mesures (barrières, NDLR) fonctionnent toujours pour protéger les individus contre le Covid-19, mais la vitesse de propagation de l’Omicron est si rapide que ces mesures auront peu d’effet sur son évolution à l’échelle mondiale, au cours des quatre à six prochaines semaines. »

Le pic de la vague Omicron dans le monde attendu durant la 2e semaine de février

« La vague Omicron semble se résorber trois à cinq semaines après le début de l’augmentation exponentielle des cas signalés », souligne Christopher Murray.

« Au 17 janvier 2022, le nombre de cas Omicron a atteint son pic dans 25 pays des cinq régions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et dans 19 États des États-Unis. On s’attend à ce que le pic d’Omicron ait lieu dans la majorité du reste des pays d’ici la deuxième semaine de février 2022. »

« Les derniers pics d’Omicron devraient survenir dans les pays où le variant n’est pas encore apparu, comme en Europe de l’Est et en Asie du Sud-Est. »

Le Covid, une autre maladie récurrente que les systèmes de santé devront gérer

Et d’ajouter : « À l’ère d’Omicron, je pense que les stratégies de contrôle du Covid-19 doivent être réinitialisées. »

« D’ici mars 2022, une grande partie du monde aura été infectée par ce variant. Avec l’augmentation continue de la vaccination, l’administration dans de nombreux pays d’une troisième dose de vaccin et des niveaux élevés d’immunité acquise contre l’infection, l’immunité contre le Sars-CoV-2 devrait être à un niveau record pendant un certain temps. Pendant quelques semaines ou quelques mois, le monde devrait s’attendre à de faibles niveaux de transmission du virus. »

Toutefois, « de nouveaux variants vont sûrement émerger et certains pourraient être plus virulents qu’Omicron. L’immunité, qu’elle soit due à une infection ou à une vaccination, diminuera, créant des opportunités de transmission continue du Covid. Compte tenu de la saisonnalité, les pays doivent s’attendre à une transmission potentielle accrue pendant les mois d’hiver. Mais les impacts de la future transmission du virus sur la santé seront cependant moindres en raison d’une large exposition antérieure au virus, de vaccins régulièrement adaptés à de nouveaux antigènes ou variants, de l’avènement des antiviraux, et de la connaissance que les personnes vulnérables peuvent se protéger en cas de besoin, en utilisant des masques et en respectant la distanciation physique ».

« Le Covid-19 deviendra ainsi une autre maladie récurrente que les systèmes de santé et les sociétés devront gérer. Si l’on prend par exemple, le nombre de morts dus à la vague Omicron, il semble être similaire dans la plupart des pays de l’hémisphère nord lors d’une mauvaise saison grippale. »

« Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont estimé que la pire saison grippale, enregistrée en 2017-2018, avait causé environ 52.000 décès, avec un pic probable de plus de 1.500 décès par jour. »

Ainsi, « l’ère des mesures exceptionnelles prises par les gouvernements et les sociétés pour contrôler la transmission du Covid sera terminée. Après la vague Omicron, le Covid-19 reviendra, mais pas la pandémie », conclut-il.

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