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Prévisions de récolte: forte baisse dans les céréales, bonnes performances pour le reste

Cheptel préservé, cultures de printemps en hausse de même que les exportations de fruits et légumes. Par contre, la récolte céréalière sera seulement de 32 millions de quintaux contre 103 millions de quintaux au cours de la campagne précédente.

Prévisions de récolte: forte baisse dans les céréales, bonnes performances pour le reste

Le 14 mai 2022 à 6h22

Modifié 14 mai 2022 à 6h22

Cheptel préservé, cultures de printemps en hausse de même que les exportations de fruits et légumes. Par contre, la récolte céréalière sera seulement de 32 millions de quintaux contre 103 millions de quintaux au cours de la campagne précédente.

On craignait 20 ou 25 millions de quintaux de céréales. Finalement, les prévisions du ministère de l’agriculture tablent sur 32 millions de quintaux, contre 103 millions de quintaux lors de la campagne précédente.

La bonne nouvelle est ailleurs: selon un communiqué du ministère, les cultures de printemps réalisent une très bonne saison, limitant la baisse prévisionnelle du PIB agricole à 14%. Notons que malgré la forte sécheresse, le cheptel a été préservé. Il représente 31% du PIB agricole.

La forte pluviométrie de mars et avril a permis des rattrapages dans plusieurs régions, et assuré une très bonne saison de cultures de printemps, tout en améliorant les parcours.

L’impact de la sécheresse sévère de cette saison agricole sera donc fortement atténué par la performance au niveau des cultures de printemps, la stabilisation du cheptel et les réalisations à l’export en matière de fruits et légumes. le PIB agricole baissera de 14% environ. L’impact sur le PIB global sera une perte de 1,7 point. La croissance économique cette année 2022 dépendra donc des performances des secteurs non agricoles.

Voici le communique du ministère de l’agriculture, publié dans la soirée du vendredi 14 mai:

La campagne agricole 2021/22 a enregistré une pluviométrie qui a atteint 188 mm à fin avril 2022, soit une baisse de 42% par rapport à la moyenne des 30 dernières années (327 mm) et de 35% par rapport à la campagne précédente (289 mm) à la même date.

Outre la faiblesse des précipitations et leur retard, le profil pluviométrique a également été caractérisé par une mauvaise répartition temporelle et territoriale. Près de 55% du cumul pluviométrique a eu lieu aux mois de mars et avril et moins d’un tiers des précipitations ont eu lieu durant les mois de novembre et décembre.

La très faible pluviométrie, voire son absence dans plusieurs régions durant les mois de janvier et février, a engendré un stress affectant le couvert végétal et un retard de croissance des cultures d’automne, notamment les céréales. Cette période a coïncidé avec le stade de tallage des céréales ; un stade de développement déterminant pour les rendements de ces cultures. Par conséquent, ce stress a induit une baisse des rendements plus ou moins importante selon les régions allant jusqu’à la perte des superficies dans certaines zones. C’est en zones bour favorables du Nord du pays que les céréales ont connu une bonne reprise au printemps après les précipitations de mars et avril, entrainant un rattrapage en matière de productivité.

Le suivi par images satellitaires du couvert végétal montre des profils de végétation qui se rapprochent globalement de la campagne agricole 2015-2016.

Ainsi, la production prévisionnelle des céréales principales (Blé tendre, blé dur et orge) au titre de la campagne agricole 2021/2022 est estimée à 32 Millions de quintaux, soit une baisse de 69% par rapport à la campagne précédente qui a enregistré une production parmi les records. Cette production résulte d’une superficie céréalière semée au titre de cette campagne de 3,6 millions d’hectares des 3 espèces de céréales.

Par espèce, la production céréalière se présente comme suit :
17,6 millions Qx de blé tendre.
7,5 millions Qx de blé dur.
6,9 millions Qx d’orge..

Plus de 60% de la production provient des zones favorables des régions de Fès-Meknès et de Rabat-Salé-Kénitra. Les céréales en zones irriguées n’ont contribué que d’environ 20% à la production globale, en raison d’une part de la superficie irriguée limitée en céréales et d’autre part des restrictions d’irrigation dans les périmètres de la grande hydraulique.

En dehors des céréales, les autres cultures affichent un état favorable. En effet, de manière globale, les pluies cumulées depuis le début de mars ont contribué au rétablissement du couvert végétal à niveau normal et assuré le bon déroulement des cultures printanières.

Ainsi, il est prévu que la betterave à sucre dont la récolte vient de démarrer dans plusieurs régions enregistre de bonnes performances de rendement. Les agrumes, les oliviers et les rosacées en stade de floraison affichent de bonnes perspectives de production, bien qu’elles restent tributaires de l’évolution des conditions météorologiques, particulièrement les températures du mois de mai et juin. Par ailleurs, ce dernier épisode pluvieux de mars et avril a favorisé une bonne installation des cultures de printemps et des cultures maraichères de saison ainsi que leur évolution dans des conditions favorables.

Exportations d’agrumes: +30%

Les exportations ont enregistré une bonne croissance. Ainsi, les exportations des agrumes durant la campagne en cours ont connu une hausse remarquable par rapport à la campagne précédente, elles ont atteint 711 mille tonnes, contre 549 mille tonnes la campagne précédente, soit une hausse de 30%.

De même, des performances positives ont été observées aussi pour les exportations des fruits et légumes avec un volume exporté dépassant 1,5 million de tonnes, soit une hausse de 16% par rapport à la dernière campagne. Cette bonne performance est due notamment à la hausse des exportations des légumes divers (+11%) et des fruits divers (+63%) en particulier raisin, pêche, nectarine, avocat et melon Bio, Abricot, ….

La situation du secteur de l’élevage, grâce à l’appui apporté aux éleveurs par le programme exceptionnel de réduction de l’impact du déficit pluviométrique, et l’amélioration des parcours et des ressources fourragères de la saison printanière, s’est nettement redressée permettant le maintien de la performance du secteur dans sa globalité.

La baisse des céréales atténuée par les autres performances

Les bonnes prévisions des performances des cultures de printemps et des filières des olives, des agrumes et des cultures maraichères, conjuguées aux mesures de soutien apportées aux éleveurs et l’économie rurale en général dans le cadre du programme exceptionnel de réduction de l’impact du déficit pluviométrique, contribueront à combler en partie les effets de la baisse de la production des céréales d’automne permettant ainsi de limiter l’impact du déficit hydrique sur la croissance du secteur agricole.

Tenant compte de l’ensemble de ces facteurs, les estimations prévisionnelles du PIB agricole (PIBA) prévoient une baisse maximale d’environ 14% en 2022 résultant de la performance exceptionnelle enregistrée la campagne précédente 2020/21 et des conditions climatiques défavorables de la campagne actuelle. L’impact de cette baisse du PIBA sur le PIB global ne devrait pas dépasser -1,7 point.

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