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Le Maroc se prépare aux risques de feux de forêt cet été

Face à un risque de feux de forêt exacerbé par la sécheresse et le réchauffement climatique, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) prévoit de combattre ce fléau en usant de nouveaux moyens technologiques et en valorisant la couverture forestière du pays.

Le Maroc se prépare aux risques de feux de forêt cet été

Le 21 mai 2022 à 9h11

Modifié 23 mai 2022 à 8h42

Face à un risque de feux de forêt exacerbé par la sécheresse et le réchauffement climatique, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) prévoit de combattre ce fléau en usant de nouveaux moyens technologiques et en valorisant la couverture forestière du pays.

Les 9 millions d’hectares de forêts du Royaume sont soumis à un risque d’incendie élevé, en particulier dans les régions du Nord, où prolifèrent les espèces conifères résineuses, hautement inflammables. D’ailleurs, lors des huit premiers mois de 2021, 55% de la superficie totale incendiée (2.722 ha) se situait dans la région de Tanger-Tetouan-Al Hoceima.

En cette année 2022 atypique sur le plan climatique, où la sécheresse a causé l’assèchement des arbres, prédisposant le couvert végétal aux incendies de forêt, Abderrahim Houmy, directeur de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), revient pour Médias24 sur la stratégie déployée par le Royaume dans la lutte contre ce phénomène de plus en plus fréquent.

En coordination avec le ministère de l’Intérieur, la Protection civile, la Gendarmerie royale, les Forces armées royales et les autorités locales, l’ANEF a opté pour une stratégie anticipative et participative, marquée par une coopération bilatérale avec les service des forêts des États-Unis (United States Forest Service), connus pour leur expertise en la matière.

La contribution financière de l’ANEF se chiffre à 150 MDH, incluant la prévention, l’investissement dans la modernisation des moyens d’opérations et les opérations d’interventions. Cette stratégie repose sur trois axes :

-la sensibilisation;

– la lutte terrestre et aérienne à travers une modernisation du métier de forestier, la digitalisation et l’utilisation de nouvelles techniques de restauration des forêts;

-la différentiation de la gestion et du développement forestier en fonction des vocations afin de prévenir et analyser les risques.

Une approche de prévention participative 

En plus des actions de sensibilisation à destination du grand public et l’aménagement des tranchées pare-feu, l’ANEF ambitionne de réinventer et structurer l’approche participative en consolidant la relation entre le citoyen et la forêt. Autrement dit, il s’agit d’encourager la participation effective des populations dans le processus décisionnel forestier, afin que le citoyen soit au cœur de la gestion forestière.

“Cette volonté se traduit par l’organisation de la population qui vit autour des forêts sous formes de coopératives, d’associations ou d’organismes de développement forestier (ODF), un nouveau concept pour valoriser les forêts du pays” précise Abderrahim Houmy.

L’ANEF souhaite ainsi transformer la forêt en un espace de création de richesses en responsabilisant les citoyens. Un dialogue permanent sera entretenu entre ces derniers et l’administration forestière, au sujet du respect des capacités forestières.

La flotte marocaine sera portée à 8 canadairs

La création de l’ANEF a accéléré la modernisation des moyens techniques d’intervention et de lutte contre les feux de forêt. A commencer par un drone pour délimiter les zones sensibles et à risques afin de protéger les citoyens “et collecter des informations en temps réel sur l’évolution des incendies,“ complète M. Houmy.

Sans oublier “cinq canadair opérationnels en attendant l’acquisition de trois autres dont le premier devrait être livré cet été, portant à 8 avions la flotte marocaine de Canadairs” indique notre interlocuteur. Cette modernisation est également illustrée par de nouveaux algorithmes pour la gestion des risques d’incendies en se basant sur l’intelligence artificielle (I.A).

“Un projet en cours de développement tout comme les nouvelles techniques de restauration des forêts. Un aspect crucial pour assurer l’avenir de la forêt marocaine”

La différenciation de la gestion du développement forestier 

Cet axe a une visée à long terme. Il détermine la gestion et le développement forestier en fonction des vocations. Partant du principe que les 9 milliards d’hectares de forêt dont dispose le Maroc “n’ont pas le même potentiel, ni la même vocation” selon M. Houmy, il s’agit donc de définir l’utilité des forêts du Maroc.

“Certaines doivent servir à la préservation de la biodiversité et peuvent aussi être des espaces de développement d’écotourisme comme les parcs nationaux et les sites d’intérêt biologique” explique-t-il.

“D’autres forêts dans la région du Nord ont un potentiel de production inexploité. En ce sens, la stratégie nationale prévoit une amélioration des rendements de production de ces forêts”. A travers notamment le repeuplement, à l’horizon de 2030, de 133.000 ha de forêts.

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