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MEDays 2018: Chine-Afrique, une vraie relation win-win? 

Jeudi 8 novembre 2018 à 20h15
MEDays 2018: Chine-Afrique, une vraie relation win-win?
 

Les relations sino-africaines étaient au cœur des débats lors de la 2ème journée des MEDays. Les capitaux chinois, injectés massivement en Afrique subsaharienne, sont certes considérés comme une manne financière, mais cela sert-il vraiment les intérêts du continent ? Voici les avis des intervenants.

 

La coopération sino-africaine s’est longtemps focalisée sur l’importation de matières premières, sans réelle valeur ajoutée. Les dernières années ont vu un changement de paradigme du côté chinois, qui finance massivement des projets d’infrastructures dans le continent.

Actuellement, la Chine procède à une refonte de ses relations avec l'Afrique, principalement à travers l'implantation d'entreprises chinoises sur le continent. Toutefois, «la Chine a parfois tendance à prioriser ses besoins sans prendre en compte les intérêts africains. D’où l’importance de coordonner davantage cette coopération», estime Jawad Kerdoudi, président de l’Institut marocain des relations internationales (IMRI).

>> Lire aussi : MEDays 2018: Fort soutien pour l’adhésion du Maroc à la CEDEAO

Depuis 2015, la Chine injecte chaque année quelque 60 milliards de dollars dans le continent, dont 10 milliards proviennent du secteur privé chinois. Principalement sous forme de prêts dédiés au financement de projets d’infrastructures. Mais «l’Afrique a-t-elle vraiment la capacité d’absorber ces investissements? Et sont-ils réalisés dans les bons secteurs?», s’interroge Mohamed Hmidouche, ancien représentant de la BAD en Afrique de l’Ouest. Cet économiste fait référence essentiellement aux priorités africaines de développement -énergie, logistique, formation...- qui ne figurent pas nécessairement dans la liste des priorités chinoises en Afrique.

La question du remboursement des prêts chinois a également suscité des craintes quant à sa soutenabilité, certains y voyant un risque d’aggravation de la dette des pays africains. Un point de vue que les Chinois ne partagent évidemment pas. «Il n’y a pas que des prêts, les IDE chinois en Afrique permettent de contrebalancer ce risque, qui devient partagé» souligne Guang Yang, ancien directeur de l’institut chinois des études africaines.

Moubarack Lo, conseiller économique du premier ministre sénégalais, abonde dans le même sens: «la Chine n’est plus un simple bailleur de fonds, mais procède également à la délocalisation d’entreprises chinoises en Afrique».

Les intervenants chinois présents au MEDays 2018 ont tous laissé entendre que leurs entreprises continueront le processus d’implantation en Afrique. Tout en soulignant que le continent doit renforcer ses efforts en matière d’industrialisation et de logistique, afin de rattraper son retard de développement. Est-ce suffisant pour réduire les disparités entre la stratégie chinoise et les aspirations africaines ? Rien n'est moins sûr...

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