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Accord sur la pêche : l’OMC promet des millions aux pays en développement

(AFP)

AFP

Le 14 juin 2022

L'Organisation mondiale du commerce veut convaincre les pays en développement de conclure les difficiles négociations sur la pêche en mettant sur la table la création d'un fonds de soutien de 20 millions de dollars.

La pêche reste le dossier phare de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tient cette semaine à Genève. C’est l’une des priorités de la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala.

D’autres sujets y sont également âprement négociés, dont la sécurité alimentaire et la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid, sans toutefois aboutir jusqu’à présent.

L’intransigeance indienne, soulignée par de nombreux diplomates, pourrait faire capoter plusieurs dossiers. « Ce n’est pas la première fois qu’ils font cela », a indiqué une source diplomatique genevoise.

Or l’OMC fonctionne par consensus. Il suffit qu’un seul pays membre sur 164 dise non pour tout faire capoter.

Mais Mme Okonjo-Iweala a fait part mardi de son opposition à ce que les ministres fassent du marchandage entre les différents sujets, en lâchant un peu de lest sur la pêche en échange de quelque chose sur l’agriculture par exemple.

« S’il faut faire des compromis, cela doit être fait au sein même d’un sujet », a-t-elle insisté, devant les journalistes.

L’ambassadeur colombien Santiago Wills, qui pilote depuis des mois les discussions sur la pêche, a également invité les négociateurs à « ne pas faire de compromis sur la durabilité des océans ».

Selon Mme Ngozi, si les ministres arrivent à tomber d’accord cette semaine sur au moins « un ou deux » sujets, « ce sera un succès ».

Les négociations sur la pêche -lancées il y a plus de 20 ans- s’inscrivent dans les objectifs du millénaire de l’ONU, avec pour objectif notamment d’interdire certaines formes de subventions qui peuvent encourager la surpêche ou les prélèvements illégaux.

Mais des divergences persistent en particulier sur le traitement des pays en développement.

Le fonds que l’OMC souhaite mettre en place dans le cadre de cet accord vise à leur apporter une assistance technique et renforcer leurs capacités afin que ces pays puissent mettre en oeuvre l’accord et aider leurs pêcheurs à se tourner vers une pêche plus durable.

L’OMC espère réunir dans un premier temps 10 millions de dollars, avant de doubler ce montant.

Déjà 5 millions

L’organisation a déjà 5 millions en caisse.

« En outre, un certain nombre de délégations nous ont informés qu’elles étudiaient les détails du financement et qu’elles étaient favorables à des promesses de dons, même si elles ne sont pas prêtes à le faire aujourd’hui », souligné Mme Ngozi

Des progrès ont été faits ces derniers mois sur des contentieux qui paraissaient jusque-là insurmontables. L’idée que les querelles d’appartenance territoriale – nombreuses et ultra-sensibles – se traitent à l’OMC a été écartée.

Des progrès ont aussi été faits pour définir le mécanisme de traitement préférentiel réservé aux pays en développement, mais l’Inde réclame depuis des mois une période d’exemption de 25 ans. Trop long, rétorquent de nombreux membres, qui visent plutôt 2030.

M. Wills a souligné que le fonds était un « mécanisme de financement très important » destiné à tous les pays en développement.

« Je suis sûr qu’il jouera un rôle important dans la réussite de l’accord sur les subventions à la pêche. Cela se traduira par une plus grande durabilité de la pêche et une plus grande abondance de poissons pour le bénéfice de tous ceux qui sont ici aujourd’hui et des générations à venir », a-t-il dit.

Le commissaire européen chargé de la pêche, Virginijus Sinkevicius, a souligné pour sa part que l’accord « créera des opportunités mais aussi, bien sûr, des obligations », en particulier pour les pays en développement.

« Ces pays auront besoin d’un peu de temps et de soutien pour se préparer à adapter leurs programmes de subventions en tenant compte des normes de durabilité et pour améliorer leurs systèmes de gestion de la pêche », a-t-il relevé.

L’ambassadrice de l’île Maurice, Usha Chandnee Dwarka-Canabady, a ainsi expliqué que son Etat était minuscule mais doté « d’un domaine maritime équivalent à celui de la France et de l’Allemagne réunies ».

Elle a insisté sur l’importance que les fonds soient attribués en fonction de la « durabilité » du projet présenté par un pays, et non de sa richesse.

Le 14 juin 2022

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