Près de Boston, après une année de critiques, le moral des policiers souffre

(AFP)

Le 25 mai 2021

Depuis la mort de George Floyd il y a un an jour pour jour, la police est l’objet de critiques continues aux quatre coins des Etats-Unis, taxée de discrimination et de brutalité; à Chelsea, dans la banlieue de Boston, ce climat pèse sur les policiers, qui estiment l’amalgame injuste.

« C’est une conversation que vous entendez quasiment tous les jours. » Quitter la police, beaucoup en parlent, ici et dans d’autres villes du Massachusetts, selon Jose Rodriguez, agent de police à Chelsea. « Le moral est en berne, globalement, dans notre profession. »

Certains passent à l’acte. A New York, qui compte la plus importante police du pays, quelque 2.600 employés ont quitté les effectifs l’an dernier, contre 1.509 seulement en 2019, hors départs en retraite, qui ont eux aussi explosé.

« J’en connais quelques-uns qui ont pris leur retraite », confirme Jose Rodriguez. En partie parce qu’ils avaient atteint l’âge légal, « mais aussi parce qu’ils ne voulaient plus avoir à gérer les responsabilités et rester dans cette profession, vu les événements récents et l’éclairage négatif sur nous ».

Côté recrutement, « les statistiques le montrent », relève le sergent Joseph Bevere, « c’est très difficile de trouver des gens qui ont envie de devenir policiers en ce moment. Et c’est vraiment dommage. (…) C’est un grand métier, parce que vous pouvez aider les gens. »

Le gradé ne nie pas, cependant, qu’après une année difficile, « nous devons réinstaller la confiance ». Aux événements de 2020, s’ajoutent les traces laissées par le mandat de Donald Trump et sa rhétorique abrasive en matière d’immigration clandestine, dans une ville où 67% de la population est d’origine hispanique.

« Dans la communauté hispanique », constate Jose Rodriguez, « je vois beaucoup de gens qui ont peur de nous parler », en particulier les sans-papiers qui craignent l’expulsion. La police de Chelsea ne collabore pourtant pas avec la police de l’immigration, rappelle l’officier. « Parfois, il faut raisonner les gens, les rassurer », reconnaît-il.

– « Dans le même panier » –

Les policiers de Chelsea se targuent d’avoir su instaurer une relation de proximité avec la population, de nature à limiter les tensions, selon le sergent Bevere. « Nous avons pris des mesures pour nous assurer que ce qui se passe dans d’autres endroits du pays n’arrive pas ici. »

Au milieu des années 90, le chef de la police, Edward Flynn, a ouvert, sous la pression d’activistes, son recrutement à la diversité; un point de rupture selon Gladys Vega, directrice de l’association locale La Colaborativa. Aujourd’hui, Chelsea possède l’une des polices présentant le plus de diversité de l’Etat du Massachusetts.

« Les gens devraient s’inspirer de la relation que nous avons construite avec la police (de Chelsea), parce que ça fonctionne », expose Gladys Vega. « Nous en sommes en communication permanente. »

Pour la responsable associative, la notion prévaut aujourd’hui que la police « est au service des gens, qu’ils aient ou non des papiers, et que les choses ne se font pas par la force », selon Mme Vega.

Ils sont plusieurs, au sein de la police de Chelsea, y compris le chef Brian Kyes, à voir d’un assez bon oeil l’arrivée de mini-caméras que porteront désormais les agents en patrouille et lors d’interventions de terrain pour renforcer encore la transparence.

« On nous a un peu tous mis dans le même panier » après les incidents de 2020, regrette le policier Paul McCarthy, une année marquée par la mort de George Floyd lors de son interpellation, et de Breonna Taylor sous les balles de policiers entrés par surprise chez elle.

« On a fait beaucoup pour être accepté de cette communauté », affirme l’agent. « Et voir qu’on généralise en nous associant à quelque chose qui s’est passé à l’autre bout du pays, c’est frustrant. »

Le 25 mai 2021

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