Venezuela: le « chavisme » tend la main aux entreprises

(AFP)

Le 19 juin 2021

Le « chavisme », idéologie de gauche héritée de l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez (1999-2013) et toujours au pouvoir à Caracas, cherche à regagner la confiance des investisseurs par de nouvelles lois après quelques « erreurs ».

Le député Nicolas Maduro Guerra, fils du président actuel Nicolas Maduro, s’est fait l’apôtre de ces nouvelles lois, dont celles instituant quatre zones économiques spéciales destinées à attirer les entrepreneurs.

« Toutes ces initiatives visent à créer la confiance », a-t-il affirmé à l’AFP à l’occasion d’une rencontre avec la presse étrangère vendredi.

« Les entrepreneurs ne peuvent rien sans le gouvernement et le gouvernement ne peut rien sans les entrepreneurs », a-t-il ajouté, après des années de relations houleuses entre les deux parties.

Agé de 31 ans, il reconnaît volontiers une période « difficile » entre le gouvernement « chaviste » et le monde de l’entreprise, qu’il accuse toutefois d’être dans « l’opposition ».

« Ils se sont voués à renverser le gouvernement par n’importe quel moyen (…) et nous de notre côté avons certainement commis des erreurs, nous sommes humains, nous étions au coeur de cette lutte et cela n’a pas fait du bien au pays, cette lutte n’a fait du bien à personne », a souligné ce député, également économiste et musicien.

Les expropriations d’entreprises, dont beaucoup ont ensuite fait faillite une fois entre les mains publiques, figurent au nombre des « erreurs » du passé, a-t-il reconnu.

Il dit aussi être conscient que les attaques contre la propriété privée n’ont pas favorisé l’image du gouvernement dont son père a repris les rênes après la mort d’Hugo Chavez en 2013.

– Entreprises « saisies » –

L’organisation patronale Fedecamaras, qui réclame du gouvernement la restitution des entreprises nationalisées à leurs anciens propriétaires, estime que plus d’une centaine d’entreprises ont ainsi été « saisies », et quelques-unes démembrées, pendant l’ère « chaviste ».

Selon son président Ricardo Cusanno, les « accords public-privé sont indispensables pour trouver des solutions novatrices » pouvant contribuer à sortir de la crise dans laquelle est plongé le Venezuela et que l’épidémie de Covid-19 a encore aggravée.

M. Cusanno a estimé jeudi qu’un renforcement du cadre institutionnel et démocratique et du climat de confiance était nécessaire pour attirer les investissements.

A ce point de la crise, après huit années consécutives de récession, il est nécessaire de reconnaître le rôle de chacun, tant au niveau économique que politique, afin de travailler ensemble, a souligné M. Maduro Guerra.

« Le premier pas que nous avons fait c’est d’établir un dialogue franc et sincère, sans retour au passé, en reconnaissant que nous devons avancer (…) nous nous sommes réunis avec tous les secteurs du pays, publiquement et secrètement », a-t-il assuré.

Mais pour l’économiste José Manuel Puente, professeur au Centre de politiques publiques de l’Institut d’études supérieures en administration (IESA), les mesures vers davantage de souplesse prises après des années de strict contrôle des prix et des changes, sont loin d’être suffisantes pour sortir de la crise.

« Il faut un programme de stabilisation et d’importants volumes d’aide financière internationale, en plus d’une transition politique », a-t-il souligné à l’AFP, jugeant que les changements en cours étaient insuffisants pour sortir le Venezuela du cycle de récession et d’hyper-inflation dans lequel il est plongé.

Le 19 juin 2021

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