Nouveau variant : plus fortes chutes de l’année aux bourses de New York et Paris

(AFP)

Le 27 novembre 2021

La Bourse de New York a clôturé en net recul vendredi 26 novembre, déstabilisée par la découverte d'un nouveau variant du coronavirus, qui a provoqué la plus forte chute du Dow Jones cette année. La Bourse de Paris a enregistré sa pire séance depuis mars 2020.

Des actions au pétrole, les marchés mondiaux ont plongé vendredi, affolés par la découverte du nouveau variant.

Les cours du pétrole, dépendant des anticipations de l’activité économique, perdaient plus de 6%. Et le bitcoin, également perçu comme un actif risqué par les investisseurs, s’effondrait de 7,01% à 54.730 dollars, un plus bas depuis début octobre.

Les indices européens ont subi leurs pires séances depuis plus d’un an et la Bourse de New York a clôturé en net recul, plus forte chute du Dow Jones cette année. Le repli a aussi touché les Bourses asiatiques et les cours du pétrole, fortement dépendants des anticipations de l’activité économique.

Plus forte chute du Dow Jones de l’année

L’indice phare de Wall Street a lâché 2,53%, soit bien plus que lors du précédent record de 2021 (-2,09%), qui datait de juillet, pour finir à 34.899,34 points.

L’indice Nasdaq a lui reculé de 2,23%, à 15.491,66 points et l’indice élargi S&P 500, de 2,27%, à 4.594,62 points.

B.1.1.529, tout le marché n’avait que ces initiales barbares à la bouche vendredi, celles du nouveau variant du coronavirus, identifié pour la première fois en Afrique du Sud. Considéré comme très contagieux, il a été classé « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui l’a baptisé, vendredi, « Omicron ».

Loin d’être limitée aux marchés actions, la crispation s’est aussi propagée au marché obligataire.

Le taux moyen des emprunts d’Etat américains à 10 ans s’est ainsi violemment tendu, effaçant 16 points de base (0,16 point de pourcentage) en 24 heures, ce qui est considérable sur une période aussi courte.

Tout ce qui touche, de près ou de loin, au tourisme, aux loisirs hors du foyer, a été lynché par les investisseurs.

Sans surprise, les compagnies aériennes américaines ont dévissé face à ce nouveau variant menaçant de pénaliser le transport aérien mondial : American Airlines (-8,79%), Delta Air Lines (-8,34%) ou United Airlines (-9,57%) se sont enfoncées loin dans le rouge.

Toujours au rayon tourisme, pire encore a été la chute pour les croisiéristes Norwegian (-11,36%), Carnival (-10,96%) et Royal Caribbean (-13,22%). Même Disney (-2,13% à 148,11 dollars), exposé avec ses parcs d’attraction, n’a pas été épargné.

Menacées par un possible ralentissement de l’activité, et donc du crédit, mais aussi par un éventuel report de hausses de taux d’intérêt pour ménager l’économie, les valeurs bancaires ont souffert elles aussi. Bank of America a perdu 3,93%, JPMorgan Chase, 3,01%, et Wells Fargo, 5,61%.

Dans la foulée du dérapage des cours du pétrole, Exxon Mobil (-3,51%) ou ConocoPhillips (-4,48%) ont également été punis.

A l’inverse, les fabricants de vaccins anti-Covid Moderna (+20,57%), Pfizer (+6,11%) ou Novavax (+8,95%) étaient parés au décollage.

Même chose pour les révélations de la pandémie grâce aux confinements et au télétravail, la plateforme de conférence vidéo Zoom (+5,72%) et le spécialiste des vélos connectés Peloton (+5,67%).

En ce jour de grand-messe du commerce de détail, le désormais fameux « Black Friday », plusieurs géants de la distribution ont été pénalisés.

La Bourse de Paris enregistre sa pire séance depuis mars 2020

La Bourse de Paris a clôturé en très forte baisse de 4,75% vendredi, une chute provoquée par l’apparition d’un nouveau variant, qui fait craindre de nouvelles mesures de confinement.

L’indice vedette CAC 40 a dévissé de 336,14 points à 6.739,73 points, annulant tous ses gains depuis le début du mois. C’est sa pire séance depuis le 18 mars 2020, au moment de l’instauration du premier confinement en France. Sur la semaine, la cote parisienne a perdu 5,24%.

Les cours du pétrole, dépendants des anticipations d’activité économique, perdaient eux aussi près de 10%.

Les investisseurs ont préféré se rabattre sur le marché obligataire, traditionnel refuge en période d’incertitude, provoquant une nette baisse des rendements. Le taux d’intérêt américain à 10 ans tombait à 1,50%, contre 1,64% à la clôture la veille. Et le rendement de la dette française à dix ans reculait à 0,04%, en baisse de près de 8 points de base.

Les titres des entreprises de l’aérien, déjà éprouvés par la pandémie, buvaient la tasse avec les premières restrictions de voyage. L’avionneur Airbus s’est effondré de 11,49% à 99,36 euros, Air France KLM de 9,67% à 3,77 euros et Aéroports de Paris de 8,61% à 104 euros.

Plus généralement, tout le secteur du tourisme a souffert. Accor a perdu 8,91% à 26,89 euros et Compagnie des Alpes 7,88% à 12,40 euros.

La foncière Unibail-Rodamco-Westfield, propriétaire de centres commerciaux, a chuté de 11,88% à 58,46 euros, ce qui en fait la lanterne rouge du CAC 40.

Seules deux actions ont fini en hausse : le géant des laboratoires d’analyses Eurofins Scientific, dont la croissance a été portée par les tests de dépistage du Covid-19, s’est envolé de 7,89% à 113,72 euros.

De son côté Teleperformance (+0,68% à 357 euros) a résisté à la tendance générale, la tech profitant généralement des mesures de confinement. Dassault Systèmes n’a d’ailleurs reculé que de 0,41% à 52,89 euros.

 

Le 27 novembre 2021

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