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Le Premier ministre ivoirien et candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle d'octobre, Amadou Gon Coulibaly, est mort mercredi 8 juillet à Abidjan des suites de problèmes cardiaques à 61 ans, un décès qui bouleverse le jeu politique.

"J'ai la profonde douleur de vous annoncer que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly nous a quitté en ce début d'après-midi après avoir pris part au conseil des ministres", a déclaré Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, lisant à la télévision publique un communiqué du président Alassane Ouattara.

"La Côte d'Ivoire est en deuil. Je salue la mémoire d'un homme d'Etat, de grande loyauté, de dévouement, et d'amour pour la patrie. Avec la disparition d'Amadou Gon Coulibaly, la Côte d'Ivoire perd un modèle pour la jeunesse, un exemple de compétence, d'ardeur au travail et d'abnégation", a déclaré le président.

L'opposition a salué la mémoire de M. Gon Coulibaly.

L'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, et lui-même candidat pour la présidentielle d'octobre, a fait part de "sa grande consternation" après la mort d'un "grand serviteur de l'Etat".

Pascal Affi N'Guessan, dirigeant d'une faction du Front Populaire Ivoirien, et qui n'écarte pas une candidature à la présidentielle, a déploré "une grande disparition pour notre pays".

"Nous sommes dans l'opposition mais il y a des moments où le peuple doit pouvoir se rassembler", appelant à rendre à Amadou Gon Coulibaly "l'hommage qu'il mérite" en tant qu'"homme de devoir et travailleur infatigable".

A Korhogo, la grande ville du nord qui était le fief du Premier ministre, la nouvelle de sa mort se répandait petit à petit, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C’est une grande perte pour Korhogo, tous les projets de développement vont prendre un coup", a regretté Seydou Coulibaly, gérant d’un cybercafé.

Greffé du coeur en 2012, Amadou Gon Coulibaly, dit "AGC", était revenu il y a près d'une semaine de France après deux mois d'hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Il a été accueilli mercredi par une haie d'honneur et des applaudissements des ministres avant le conseil.

"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays", avait-il dit, très souriant, jeudi lors de son retour.

Quel candidat à la présidentielle ?

Officiellement, le Premier ministre était parti le 2 mai pour un "contrôle" en France, malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus.

Il avait finalement dû se faire poser un stent, mais assuré être "de retour en forme".

Quelques jours après avoir annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, Alassane Ouattara, qui a évoqué la perte d'un "fils" et d'un "jeune frère", avait désigné en mars son "plus proche collaborateur depuis 30 ans" comme son successeur et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.

Passé le choc du décès, la question va inévitablement se poser: qui va représenter le parti d'Alassane Ouattara à la présidentielle ?

"C'est un moment très difficile sur le plan humain, affectif, mais aussi sur le plan politique (...) il nous laisse un grand vide", a réagi Adama Bictogo, un des ténors du parti présidentiel. "Le président du parti (Alassane Ouattara) s'adressera aux militants dans les jours qui viennent".

Le choix de M. Gon Coulibaly par M. Ouattara avait fait grincer des dents, certains critiquant son autoritarisme ou son manque de charisme, d'autres évoquant déjà sa santé. Plusieurs cadres de la coalition de Ouattara, dont les anciens ministres Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse, avaient poussé leurs candidatures.

Sanctionnés au nom de la discipline interne, il ont été écartés des sphères du pouvoir et il parait difficile de les rappeler. Un nom circule déjà à nouveau: celui du ministre de la Défense Hamed Bakayoko, dit "Hambak" qui avait accepté de ronger son frein.

De source proche de la présidence, M. Ouattara y était franchement opposé il y a quelques mois. Avec le décès de Gon, dont Hambak assurait l'intérim à la primature, la donne a changé.

 "Pas de plan B"

"Comme le notait un observateur lors du retour de M. Gon Coulibaly: "Il n'y avait pas de plan B, en cas de forfait de Gon. Ou plutôt la seule solution envisagée est une nouvelle candidature de Ouattara".

Nul doute que ceux qui pressaient le président de briguer un troisième mandat vont relancer leur demande.

Il pourrait s'il l'accepte retrouver de vieilles connaissances: le PDCI sera donc représenté par Henri Konan Bédié, 86 ans.

L'autre grande formation d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), n'a pas encore fait connaître sa position. Son fondateur, l'ex-président Laurent Gbagbo, (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale, et son retour en Côte d'Ivoire est incertain. Aucun jeune n'a émergé pendant son absence et certains évoquent aussi sa candidature.

Ce serait en quelque sorte le remake de la présidentielle de 2010 qui avait débouché sur une violente crise post-électorale de plusieurs mois et 3.000 morts.

(AFP)

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Le Premier ministre ivoirien et candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle d'octobre, Amadou Gon Coulibaly, est mort mercredi 8 juillet à Abidjan des suites de problèmes cardiaques à 61 ans, un décès qui bouleverse le jeu politique.

"J'ai la profonde douleur de vous annoncer que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly nous a quitté en ce début d'après-midi après avoir pris part au conseil des ministres", a déclaré Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, lisant à la télévision publique un communiqué du président Alassane Ouattara.

"La Côte d'Ivoire est en deuil. Je salue la mémoire d'un homme d'Etat, de grande loyauté, de dévouement, et d'amour pour la patrie. Avec la disparition d'Amadou Gon Coulibaly, la Côte d'Ivoire perd un modèle pour la jeunesse, un exemple de compétence, d'ardeur au travail et d'abnégation", a déclaré le président.

L'opposition a salué la mémoire de M. Gon Coulibaly.

L'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, et lui-même candidat pour la présidentielle d'octobre, a fait part de "sa grande consternation" après la mort d'un "grand serviteur de l'Etat".

Pascal Affi N'Guessan, dirigeant d'une faction du Front Populaire Ivoirien, et qui n'écarte pas une candidature à la présidentielle, a déploré "une grande disparition pour notre pays".

"Nous sommes dans l'opposition mais il y a des moments où le peuple doit pouvoir se rassembler", appelant à rendre à Amadou Gon Coulibaly "l'hommage qu'il mérite" en tant qu'"homme de devoir et travailleur infatigable".

A Korhogo, la grande ville du nord qui était le fief du Premier ministre, la nouvelle de sa mort se répandait petit à petit, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C’est une grande perte pour Korhogo, tous les projets de développement vont prendre un coup", a regretté Seydou Coulibaly, gérant d’un cybercafé.

Greffé du coeur en 2012, Amadou Gon Coulibaly, dit "AGC", était revenu il y a près d'une semaine de France après deux mois d'hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Il a été accueilli mercredi par une haie d'honneur et des applaudissements des ministres avant le conseil.

"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays", avait-il dit, très souriant, jeudi lors de son retour.

Quel candidat à la présidentielle ?

Officiellement, le Premier ministre était parti le 2 mai pour un "contrôle" en France, malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus.

Il avait finalement dû se faire poser un stent, mais assuré être "de retour en forme".

Quelques jours après avoir annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, Alassane Ouattara, qui a évoqué la perte d'un "fils" et d'un "jeune frère", avait désigné en mars son "plus proche collaborateur depuis 30 ans" comme son successeur et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.

Passé le choc du décès, la question va inévitablement se poser: qui va représenter le parti d'Alassane Ouattara à la présidentielle ?

"C'est un moment très difficile sur le plan humain, affectif, mais aussi sur le plan politique (...) il nous laisse un grand vide", a réagi Adama Bictogo, un des ténors du parti présidentiel. "Le président du parti (Alassane Ouattara) s'adressera aux militants dans les jours qui viennent".

Le choix de M. Gon Coulibaly par M. Ouattara avait fait grincer des dents, certains critiquant son autoritarisme ou son manque de charisme, d'autres évoquant déjà sa santé. Plusieurs cadres de la coalition de Ouattara, dont les anciens ministres Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse, avaient poussé leurs candidatures.

Sanctionnés au nom de la discipline interne, il ont été écartés des sphères du pouvoir et il parait difficile de les rappeler. Un nom circule déjà à nouveau: celui du ministre de la Défense Hamed Bakayoko, dit "Hambak" qui avait accepté de ronger son frein.

De source proche de la présidence, M. Ouattara y était franchement opposé il y a quelques mois. Avec le décès de Gon, dont Hambak assurait l'intérim à la primature, la donne a changé.

 "Pas de plan B"

"Comme le notait un observateur lors du retour de M. Gon Coulibaly: "Il n'y avait pas de plan B, en cas de forfait de Gon. Ou plutôt la seule solution envisagée est une nouvelle candidature de Ouattara".

Nul doute que ceux qui pressaient le président de briguer un troisième mandat vont relancer leur demande.

Il pourrait s'il l'accepte retrouver de vieilles connaissances: le PDCI sera donc représenté par Henri Konan Bédié, 86 ans.

L'autre grande formation d'opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), n'a pas encore fait connaître sa position. Son fondateur, l'ex-président Laurent Gbagbo, (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale, et son retour en Côte d'Ivoire est incertain. Aucun jeune n'a émergé pendant son absence et certains évoquent aussi sa candidature.

Ce serait en quelque sorte le remake de la présidentielle de 2010 qui avait débouché sur une violente crise post-électorale de plusieurs mois et 3.000 morts.

(AFP)

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